Hyperliquid (HYPE) : avis et discussions

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JosephTot

Hyperliquid (HYPE) : avis et discussions

#1 Message par JosephTot »

Sujet qui mérite un fil à part, parce qu'il se passe quelque chose de statistiquement inhabituel.

Le 23 août, HYPE a inscrit un plus haut historique à 83,27 $. Il s'échange aujourd'hui autour de 81 $, en hausse d'environ 36 % sur sept jours, pour une capitalisation d'à peu près 18 milliards de dollars — soit une dixième place au classement général.

Pendant ce temps, le bitcoin, dont on parlait dans un autre fil, reste environ 37 % sous son record d'octobre 2025.

Un actif qui fait un plus haut historique quand le leader du secteur est encore en pleine correction, c'est rare, et ça mérite qu'on regarde pourquoi. Ce message n'est pas une recommandation : c'est une tentative de comprendre ce qui est valorisé, et à quel prix.

1. Ce qu'est Hyperliquid

Une blockchain de niveau 1 construite entièrement autour d'une bourse de contrats perpétuels on-chain. Deux choix techniques la distinguent :
  • Un carnet d'ordres central (CLOB), et non un teneur de marché automatisé comme la plupart des protocoles DeFi. Autrement dit, une architecture proche de celle d'une bourse traditionnelle, portée on-chain.
  • Une exécution rapide, suffisamment pour que l'expérience se rapproche de celle d'une plateforme centralisée — ce qui compte énormément sur des dérivés, où la latence et la profondeur de carnet sont déterminantes.
Le jeton HYPE a été distribué par airdrop en novembre 2024, l'un des plus importants de l'histoire du secteur en valeur.

2. Les chiffres, et leurs contradictions

Attention ici : selon les sources, les mêmes métriques varient du simple au double. Je donne les fourchettes plutôt qu'un chiffre unique, et je vous invite à faire pareil quand vous les citez.
  • Volume 30 jours sur les perpétuels : entre 170 et 245 milliards de dollars selon la source et la période retenue.
  • Part de marché sur les DEX de perpétuels : entre 36 % et 80 %. L'écart s'explique par les définitions du volume et par la question, non tranchée, du wash trading chez certains concurrents. Traitez toute part de marché « on-chain » avec prudence.
  • Intérêt ouvert : environ 9 milliards de dollars, soit près de 60 % de l'intérêt ouvert de toute la catégorie — une métrique nettement plus difficile à gonfler artificiellement que le volume, et donc plus fiable.
  • Avance sur le concurrent suivant : environ 4 fois, face à Aster.
La mise en perspective qui manque toujours : le volume perpétuels mensuel de Binance seule tournait autour de 1 630 milliards de dollars en juin 2026. Hyperliquid capte donc de l'ordre de 1 % de l'activité de Binance. Dominant sur son segment, minuscule sur le marché global. Les deux affirmations sont vraies simultanément, et le choix du dénominateur décide entièrement du récit.

3. La question de valorisation, honnêtement posée

C'est là que ça devient intéressant pour un forum comme celui-ci, parce que contrairement à la plupart des jetons, HYPE repose sur des revenus réels et mesurables.

Le protocole génèrerait de l'ordre de 420 à 600 millions de dollars de commissions annualisées. À partir de là, tout dépend du multiple que vous choisissez :
  • Sur la capitalisation en circulation (18 Md$) : environ 30 à 40 fois les revenus.
  • Sur la capitalisation totalement diluée (77 Md$) : plus de 130 fois.
Pour comparaison, les bourses traditionnelles cotées se traitent généralement entre 10 et 20 fois leurs revenus.

Et voilà le vrai sujet, qui n'a rien de crypto : seulement 220 millions de jetons circulent sur un maximum d'un milliard. Soit 22 % de l'offre. Les 78 % restants arriveront selon un calendrier d'émission pluriannuel.

Autrement dit, à revenus constants, il faut que la valorisation absorbe une multiplication par 4,5 de l'offre. C'est exactement le même problème qu'une société qui aurait quatre fois plus d'actions à émettre : ce n'est pas rédhibitoire, mais ça doit figurer dans le calcul, et la quasi-totalité des analyses que vous lirez utilisent la capitalisation en circulation sans mentionner ce point.

4. Ce qui alimente le mouvement en 2026
  • Un ETF. Bitwise a lancé début 2026 un ETF adossé à HYPE (BHYP), avec la particularité d'affecter 10 % des frais de gestion au rachat et à la détention de jetons.
  • L'élargissement au-delà de la crypto. Les mécanismes HIP-3 permettent le déploiement de marchés par des tiers, et HIP-4 ouvre sur des marchés de prédiction. Des perpétuels synthétiques sur la valorisation pré-introduction de SpaceX et sur NVDA ont été lancés — c'est-à-dire du dérivé sur actions non cotées, accessible sans intermédiaire.
  • Des rachats de jetons financés par les commissions, via un fonds dédié.
5. Les risques, qui ne sont pas ceux qu'on croit

Le risque principal n'est pas technique. Il est de gouvernance, et il y a un cas d'école.

L'affaire JELLY, 26 mars 2025. Un intervenant ouvre des positions longues sur trois comptes et un short volontairement sur-levier sur JELLYJELLY, un memecoin très peu liquide, puis pousse le prix au comptant de plus de 400 % en une heure. Le short est liquidé, et le moteur de liquidation transfère la position perdante au coffre de liquidité HLP — celui qui sert de contrepartie de dernier ressort et où des utilisateurs déposent leurs fonds pour toucher un rendement.

Les pertes latentes du coffre atteignent, selon les sources, entre 700 000 et 13,5 millions de dollars. En quelques minutes, les validateurs votent la radiation du contrat et le règlement forcé de toutes les positions ouvertes à 0,0095 $ — c'est-à-dire au prix d'avant la manipulation, très en dessous du prix de marché du moment. Le quorum est atteint sans une seule voix dissidente. L'attaque échoue, le coffre termine en léger profit.

L'intervention a fonctionné. Mais elle démontre quelque chose d'important : un petit groupe de validateurs peut annuler un résultat de marché en quelques minutes. Si vous êtes du mauvais côté d'un tel vote, votre position est dénouée au prix qu'ils choisissent, pas au prix du marché.

À l'époque, la fondation contrôlait environ 81 % des HYPE mis en jeu, ce qui a nourri les critiques sur la décentralisation affichée. Le protocole a depuis introduit un vote de radiation entièrement on-chain, resserré les limites de position et les paramètres de risque sur les petits marchés, et ajouté un seuil de déclenchement automatique du désendettement. Un épisode comparable sur POPCAT plus tard en 2025 a rejoué la même mécanique : du risque concentré sur un carnet trop mince pour l'absorber.

Trois autres points à garder en tête :
  • Le coffre HLP n'est pas un placement passif. Y déposer, c'est participer activement à l'activité de tenue de marché et de liquidation. En régime normal, le rendement est attractif. En cas d'attaque ciblée, c'est ce coffre qui encaisse.
  • Le levier disponible est très supérieur à ce qu'un particulier européen peut obtenir chez un courtier régulé.
  • La liquidité varie énormément selon le marché. Profonde sur BTC et ETH, très mince sur les marchés exotiques — et c'est précisément là que les incidents se produisent.
6. Le point réglementaire, pour les résidents français

À ne pas éluder. Il s'agit de contrats perpétuels à effet de levier, accessibles sans intermédiaire agréé.

En février 2026, l'ESMA a publié un rappel à destination des entreprises sur leurs obligations au titre des mesures d'intervention applicables aux CFD, précisément face à la multiplication des offres de dérivés à levier de type « perpetual futures ». Le régulateur européen a donc explicitement identifié ce segment.

Concrètement, pour vous :
  • Aucune protection contre le solde négatif garantie par la réglementation européenne, aucun plafonnement du levier, aucune clôture réglementaire à 50 % de la marge.
  • Aucun recours auprès de l'AMF, aucun médiateur, aucun fonds de garantie.
  • Sur le plan fiscal, les gains relèvent du régime des actifs numériques : formulaire 2086, report en 3AN ou 3BN sur la 2042-C. Et si vous détenez des actifs sur une plateforme établie à l'étranger, la déclaration 3916-bis s'impose.
Pour conclure

Hyperliquid est probablement l'un des rares projets du secteur dont on peut discuter avec des outils d'analyse financière classiques : il a des revenus, des parts de marché, un compte de résultat implicite et une structure de capital.

C'est aussi ce qui rend l'exercice piégeux. Le fait qu'on puisse calculer un multiple de revenus ne dit rien sur le fait que ce multiple soit justifié — et le calendrier de dilution est le point que je vois le plus systématiquement omis dans les analyses enthousiastes.

Trois questions pour la discussion :
  • Ceux qui utilisent la plateforme : que valez-vous en termes d'exécution et de profondeur réelle par rapport à un courtier régulé ?
  • Quelqu'un a-t-il déposé dans le coffre HLP, et avec quel rendement net sur douze mois ?
  • Sur la valorisation : capitalisation en circulation ou totalement diluée — vous raisonnez avec laquelle, et pourquoi ?

JosephTot

Hyperliquid : sommes-nous en train de regarder la prochaine Bourse mondiale sans nous en rendre compte ?

#2 Message par JosephTot »

Je voudrais ouvrir un débat de fond, et pas un débat crypto. Ce qui se passe sur Hyperliquid depuis un an dépasse largement le sujet du Bitcoin, et concerne directement la structure même des marchés que nous suivons ici depuis 2008.

Le point de départ : ce n'est plus un DEX crypto

Hyperliquid est une blockchain L1 avec carnet d'ordres entièrement on-chain, spécialisée dans les contrats perpétuels. Jusque-là, rien de révolutionnaire. Ce qui change tout, c'est HIP-3, déployé en octobre 2025 : n'importe quelle équipe qui immobilise 500 000 tokens HYPE (environ 25 à 30 M$) peut déployer ses propres marchés perpétuels sur l'infrastructure Hyperliquid. Sans demander l'autorisation à personne.

Le résultat en chiffres :
  • La part des marchés HIP-3 dans les volumes de perps d'Hyperliquid est passée d'environ 2 % en janvier 2026 à près de 50 % en juillet.
  • À la mi-2026, 23 des 30 premiers actifs par open interest sur la plateforme sont des matières premières et des actions — pas des cryptos.
  • Trade.xyz, le principal déployeur, fait tourner XYZ100 (réplique du Nasdaq-100), des contrats sur Nvidia, Tesla, et détient plus de 90 % de l'open interest HIP-3. Tout est réglé en stablecoin, sans jamais toucher au titre sous-jacent.
  • En mai, la part d'Hyperliquid sur les volumes de perps face à l'ensemble des exchanges centralisés a atteint 6,63 %, et 14,4 % face à Binance seul.
Autrement dit : une Bourse parallèle sur actions et indices s'est construite en dix-huit mois, en dehors de toute chambre de compensation, de tout dépositaire, et de tout comité de cotation.

Le vrai sujet : les entreprises non cotées

C'est là que ça devient vertigineux. Trade.xyz a lancé des perps synthétiques sur des sociétés privées, c'est-à-dire des marchés de gré à gré permanents sur des boîtes qui n'ont jamais publié de prospectus.

Le cas Cerebras a servi de démonstration : dans la dernière heure avant ses débuts au Nasdaq, le perp pré-IPO cotait un VWAP de 354,54 $ pour une ouverture à 350 $. Un écart de 1,3 %, sans le moindre accès au carnet des banques introductrices — pendant que les plateformes de secondaire traditionnelles se trompaient de 35 %.

Puis SpaceX. Le contrat SPCX-USDC est lancé le 17 mai à 150 $ de référence, soit près de 1 780 Md$ de valorisation implicite. Il monte au-dessus de 216 $. L'IPO est finalement fixée à 135 $ (555,6 millions d'actions, ~75 Md$ levés, ~1 750 Md$ de valorisation), l'action débute le 12 juin et clôture à 161 $. Le perp, lui, tournait autour de 172-176 $ ce jour-là.

Ce que ça veut dire concrètement : la découverte du prix d'une société privée s'est faite ailleurs que chez Goldman Sachs. Elle s'est faite dans un carnet d'ordres ouvert 24h/24, accessible sans accréditation, sans ticket minimum, avec du levier.

La subtilité juridique qui explique tout

Pourquoi ce modèle tient alors que les actions tokenisées se sont écroulées ? Parce que ce sont deux choses radicalement différentes.
  • Le modèle tokenisé (type PreStocks) repose sur des SPV qui détiennent de vraies actions. Quand Anthropic et OpenAI ont rappelé que les transferts de parts via SPV étaient nuls au regard de leurs statuts, ces produits ont chuté d'environ 50 %.
  • Le perp synthétique ne détient rien. Aucun titre ne change de main. Il n'y a donc rien qu'une société privée puisse invalider. Le prix est maintenu par un oracle et un taux de financement, point.
C'est élégant juridiquement, et c'est exactement ce qui inquiète. La décision de coter un marché sur une société privée américaine appartient désormais à un déployeur pouvant rester anonyme, qui a immobilisé des tokens — pas à une entreprise de marché que l'on peut assigner.

Le volet réglementaire, qui bascule très vite

Hyperliquid ne subit pas la réglementation, il la lobbyie. Le Hyperliquid Policy Center a été créé en février 2026 avec une dotation d'un million de HYPE. En juillet, pétition auprès de la CFTC (avec Phantom) pour établir que publier du logiciel on-chain ne déclenche pas en soi une obligation d'enregistrement. Le 18 août, pétition auprès de la SEC, avec Trade.xyz, proposant un cadre complet pour les perps pré-IPO ouverts aux investisseurs américains. Le 24 août, demande d'harmonisation SEC/CFTC fondée sur la structure économique des contrats.

En face, la SEC prépare son « innovation exemption » sur les actions tokenisées, et Donald Trump a publiquement indiqué que le président de la CFTC travaillait à un cadre permettant à Hyperliquid d'opérer légalement aux États-Unis. HYPE a inscrit un plus haut historique au-dessus de 77 $, en hausse d'environ 200 % depuis janvier, pendant que le Bitcoin reculait.

Et nous, en Europe ?

Point important pour les lecteurs français, et il est ironique. La période transitoire MiCA s'est achevée le 1er juillet 2026 : sans agrément CASP, plus de service crypto dans l'UE. Sauf que le durcissement porte sur le spot. Les dérivés on-chain passent entre les mailles. L'ESMA a averti en février 2026 que des perpétuels répondant à la définition d'un CFD devraient relever des mesures d'intervention produit (limites de levier, protection contre solde négatif, avertissements). Dans les faits, un particulier européen peut aujourd'hui prendre du 50x là où son courtier régulé lui plafonne le levier à 2 ou 5.

On a donc fermé la porte d'entrée régulée et laissé la fenêtre du dixième étage grande ouverte. La France représente d'ailleurs environ 3,45 % du trafic de la plateforme.

Ce qui devrait tempérer l'enthousiasme
  • Le risque d'oracle est réel et déjà matérialisé : fin mai, le contrat SpaceX a perdu environ 45 % en trente minutes sur une erreur d'oracle, liquidant plus de 400 utilisateurs pour 1,5 M$.
  • Hors heures de cotation, le prix d'un perp sur Nvidia ne repose sur strictement rien d'autre qu'un flux d'oracle et le positionnement des traders. Ce n'est pas un marché, c'est une extrapolation.
  • Sur les actifs pré-IPO, il n'existe aucun arbitragiste possible : on ne peut pas acheter le sous-jacent. Le prix n'est donc ancré à rien tant que la cotation n'a pas lieu, et la convergence peut être brutale.
  • La concentration est extrême : un seul déployeur porte l'essentiel de l'open interest de tout le segment.
  • Aucune chambre de compensation, aucun fonds de garantie, aucune protection contre solde négatif, aucun régulateur à qui écrire. Les épisodes de 2025 ont montré que les pertes peuvent être socialisées ou un marché fermé en urgence par gouvernance.
  • Le modèle économique est particulier : l'essentiel des frais sert à racheter et brûler du HYPE. Le token se comporte donc comme une action d'entreprise de marché — sans les droits, sans les comptes audités, sans l'AG.
La question que je vous pose

Binance a déjà lancé ses propres perps actions et pré-IPO. Le patron de l'ICE, maison mère du NYSE, a publiquement dit qu'il fallait suivre Hyperliquid de très près. On n'est plus dans le gadget.

Alors : assiste-t-on à la naissance d'une infrastructure de marché réellement supérieure (accès continu, règlement instantané, cotation permissionless, découverte de prix plus honnête que le secondaire pré-IPO institutionnel) ? Ou simplement à un immense casino à effet de levier qui a trouvé un angle mort juridique et qui finira par produire un accident systémique, avec un bilan de faillites particulières à la clé ?

Et surtout, la question qui m'intéresse le plus : si la découverte du prix des sociétés non cotées migre durablement vers ce type de plateforme, que devient le rôle des banques d'affaires dans le processus d'introduction en Bourse ?

Vos avis m'intéressent, y compris ceux de ceux qui y tradent déjà.

Rappel : les contrats perpétuels sont des produits à effet de levier extrêmement risqués, proposés ici par une plateforme non agréée dans l'Union européenne. Perte en capital rapide et totale possible. Ce sujet est une analyse structurelle, en aucun cas une incitation à utiliser ces produits.

JosephTot

Hyperliquid : Pourquoi la DEX L1 fait un carton auprès des traders crypto (Top 10 des raisons)

#3 Message par JosephTot »

Bonjour à tous,

Dans le paysage des plateformes décentralisées (DEX), **Hyperliquid** s'est imposée en peu de temps comme l'un des acteurs les plus dominants sur le marché des contrats perpétuels (Perps), rivalisant directement avec la liquidité des exchanges centralisés (CEX) comme Binance ou Bybit.

Voici un survol en 10 points des raisons majeures qui expliquent cet engouement massif de la communauté crypto et des traders professionnels.

1. Sa propre Blockchain L1 dédiée à la finance (Appchain)
Contrairement aux DEX bâtis sur des blockchains généralistes (Arbitrum, Ethereum, Solana) subissant la congestion du réseau, Hyperliquid repose sur sa propre Layer-1 optimisée sur mesure. Cela garantit une vitesse d'exécution quasi instantanée sans dépendre des frais de gas d'un réseau tiers.

2. Carnet d'ordres 100 % On-Chain (Order Book ultra-rapide)
Là où la plupart des DEX utilisent des modèles AMM (Automated Market Maker), Hyperliquid propose un véritable carnet d'ordres centralisé entièrement géré *on-chain*. L'expérience utilisateur (UX) est rigoureusement identique à celle d'un CEX classique.

3. Zéro frais de gas pour placer et annuler des ordres
L'une des plus grandes contraintes de la DeFi a été supprimée : l'annulation ou la modification d'un ordre limite ne coûte rien. C'est un élément fondamental pour permettre le scalping et l'intervention d'algos d'exécutions rapides.

4. Liquidité profonde et spreads très serrés
Grâce à un programme de Market Making incitatif et à l'absence de friction technique, les carnets sur des paires majeures (BTC, ETH, SOL) affichent une liquidité comparable, voire supérieure, à certains exchanges centralisés de rang 2.

5. L'expérience "Non-Custodial" (Garder le contrôle de ses clés)
Après les faillites marquantes d'exchanges centralisés (FTX, Celsius), Hyperliquid répond parfaitement au mantra *"Not your keys, not your coins"*. Vous tradez directement depuis votre wallet (MetaMask, Rabby) sans céder la garde de vos fonds à un tiers.

6. Vaults & Copy Trading natif
La plateforme intègre un système de coffres-forts (*Vaults*) où les utilisateurs peuvent déposer de la liquidité pour suivre automatiquement les stratégies de traders chevronnés ou alimenter les bots de tenue de marché du protocole en échange de rendements.

7. Listings rapides et marchés exotiques (Pre-Launch & Memecoins)
Hyperliquid s'est fait une spécialité d'être ultra-réactive sur le listing de nouveaux tokens, de marchés pré-IPO/pré-token et de memecoins très volatils, captant ainsi une immense partie du volume spéculatif.

8. L'écosystème HYPE et le programme de points
La distribution équitable des récompenses et le développement de son jeton natif (**HYPE**) ont fidélisé une base d'utilisateurs actifs, rémunérant la liquidité apportée et le volume de trading réel plutôt que le simple "farm" passif.

9. Intégration API et compatibilité Python/SDK
Pour les développeurs et traders quantitatifs, Hyperliquid propose des API REST et WebSocket extrêmement réactives et bien documentées, rendant la transition des bots de Binance/Bybit vers Hyperliquid très simple.

10. Interface moderne et sans friction (One-Click Trading)
Grâce à l'utilisation de clés de session temporaires (*Session Keys*), il n'est pas nécessaire de signer chaque transaction sur son wallet physique/extension à chaque prise de position, offrant la fluidité du Web2 avec la sécurité du Web3.

Utilisez-vous Hyperliquid pour vos positions perpétuelles en crypto, ou préférez-vous rester sur des CEX traditionnels pour des raisons de rampe d'accès fiat ?

kharunorh4aa
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Re: Hyperliquid (HYPE) : le plus haut historique pendant que le bitcoin reste 37 % sous le sien

#4 Message par kharunorh4aa »

Bonjour à tous,

Merci à JosephTot pour ces trois messages, très complets. Je voudrais juste ajouter un angle sur la valorisation, parce que c'est là que le débat se joue.

Ni la capitalisation en circulation, ni la diluée

La première ignore la dilution, la seconde suppose que toute l'offre restante arrive sur le marché sans tenir compte des rachats. Le plus parlant, à mon avis, c'est de raisonner en flux : comparer chaque mois ce qui entre sur le marché (déblocages, notamment ceux de l'équipe) et ce qui en sort (rachats financés par les commissions).

Avec 420 à 600 M$ de commissions annuelles, les rachats représentent de l'ordre de 35 à 50 M$ par mois. Si les déblocages mensuels se chiffrent en centaines de millions de dollars au cours actuel, même en supposant qu'une partie seulement est vendue, les rachats ne suffisent pas à absorber l'offre. C'est ce ratio qu'il faudrait suivre, bien plus que le multiple de revenus.

Un point sur la « Bourse mondiale »

L'exemple SpaceX est intéressant, mais le perp cotait 172 à 176 $ pour une clôture à 161 $ : 7 à 9 % d'écart, mieux que le secondaire traditionnel, pas une découverte du prix exacte. Et surtout, une introduction en Bourse sert d'abord à lever des capitaux. Un perp synthétique ne fait entrer aucun euro dans l'entreprise. Il peut mettre la pression sur la décote fixée par les banques, il ne remplace pas leur fonction.

Et une prudence sur les chiffres

Entre les trois messages, le plus haut historique varie (83,27 $ ou « au-dessus de 77 $ ») et le levier maximum aussi (50x évoqué alors qu'il a été ramené à 40x sur BTC après les incidents de 2025). Sur un actif dont la thèse repose sur des multiples, mieux vaut vérifier chaque donnée à la source.

Rappel : les perpétuels à effet de levier sur plateforme non agréée exposent à une perte rapide et totale du capital.

kharunorh4aa
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Re: Hyperliquid : Pourquoi la DEX L1 fait un carton auprès des traders crypto (Top 10 des raisons)

#5 Message par kharunorh4aa »

JosephTot a écrit :Utilisez-vous Hyperliquid pour vos positions perpétuelles en crypto, ou préférez-vous rester sur des CEX traditionnels pour des raisons de rampe d'accès fiat ?
Bonjour et merci pour cette synthèse. Sur le fond technique, les dix points sont globalement exacts : Hyperliquid est bien devenue la plateforme dominante des perpétuels on-chain, l'architecture L1 dédiée avec carnet d'ordres est une vraie rupture par rapport aux AMM, et les chiffres sont là. L'intérêt ouvert a dépassé les 11 milliards de dollars mi-juillet 2026, pour un volume de perpétuels de l'ordre de 175 à 180 milliards sur trente jours.

Là où je vais compléter, c'est que ce message est construit comme une fiche produit : dix raisons d'y aller, zéro contrepartie. Or sur un forum de trading, la partie intéressante est justement l'autre moitié. Je reprends donc les points dans l'ordre, avec ce qui manque.

Sur le "non-custodial" (point 5) : le risque de contrepartie ne disparaît pas, il change de forme

"Not your keys, not your coins" règle le risque FTX, c'est-à-dire le risque qu'un dirigeant détourne les dépôts. Il ne règle pas les autres. Vous restez exposé au bridge, au moteur d'appariement, à l'oracle de prix, et à la chaîne elle-même — une L1 jeune, opérée par un ensemble de validateurs restreint. Ce n'est pas une critique idéologique, c'est une cartographie : vous avez échangé un risque de garde contre un risque technique et de gouvernance. Ce n'est pas nécessairement un mauvais échange, mais c'en est un.

Le grand absent de la liste : l'ADL (auto-deleveraging)

Aucun des dix points ne le mentionne, et c'est pourtant ce qui distingue le plus un perp d'un future classique. Quand une position liquidée ne trouve pas preneur dans le carnet, le système ferme d'office des positions gagnantes du côté opposé pour équilibrer. Autrement dit : vous pouvez avoir parfaitement raison sur le marché, et être sorti de force au pire moment. Sur les actifs peu liquides, ce n'est pas un scénario théorique.

Sur les Vaults (point 6) : ce n'est pas du rendement passif, c'est une position de contrepartie

C'est le point qui mérite le plus d'être corrigé, parce que la présentation "déposer de la liquidité pour obtenir du rendement" masque totalement la nature du produit. En déposant dans le HLP, vous devenez la contrepartie de dernier ressort de tous les traders de la plateforme. C'est exactement le même profil qu'un vendeur de volatilité : rendement régulier en marché calme, perte sèche sur les mouvements directionnels violents.

Historiquement le vault a tourné dans une large fourchette de rendement selon les périodes, avec des drawdowns de l'ordre de 5 à 12 % lors des mouvements rapides. Et deux épisodes sont à connaître avant de déposer quoi que ce soit :
  • Mars 2025, JELLY : un opérateur monte une position sur un memecoin illiquide, pousse le spot de plus de 400 % en une heure, et provoque volontairement sa propre liquidation pour transférer la perte au vault. Les estimations d'exposition varient énormément selon les sources, de quelques centaines de milliers à plus de 12 millions de dollars.
  • Avril 2026, Fartcoin : même schéma de "suicide liquidation", environ 1,2 à 1,5 million de dollars de perte réelle pour les déposants du HLP, soit moins de 0,4 % de la TVL du vault.
À cela s'ajoute un blocage de 4 jours après tout dépôt. Vous ne pouvez donc pas sortir au début d'un épisode de stress, c'est-à-dire précisément au moment où l'on voudrait sortir.

La gouvernance : le point que personne n'aime regarder en face

Sur l'affaire JELLY, la réponse a été de suspendre le marché, de régler le contrat à un prix décidé, puis de délister le perpétuel par vote des validateurs. Résultat : les déposants ont été protégés. Mais la démonstration a été faite qu'un ensemble restreint de validateurs peut passer outre le prix de marché en cours de séance. On peut trouver ça rassurant ou inquiétant, mais on ne peut pas simultanément vendre la décentralisation comme argument numéro 1 et considérer ce type d'intervention comme normal.

Point complémentaire à vérifier soi-même : la répartition du stake. Les validateurs affiliés à la fondation concentrent une part très élevée du HYPE staké — autour de la moitié selon les agrégateurs on-chain. À comparer avec ce que l'on exige d'une L1 mature.

Le point 7 est présenté comme un avantage, c'est la surface d'attaque

"Listings rapides et memecoins très volatils" capte effectivement du volume spéculatif. C'est aussi, très exactement, le vecteur des deux incidents ci-dessus. Un marché à faible profondeur avec du levier généreux, c'est une invitation à la manipulation croisée : on attaque sur la plateforme la plus permissive et on se couvre ailleurs. Depuis, des plafonds d'intérêt ouvert et des leviers maximums plus stricts ont été mis en place (BTC ramené à 40x, ETH à 25x), ce qui est en soi l'aveu que le paramétrage initial était trop lâche.

Sur la liquidité (point 4) : cadrer l'échelle

Hyperliquid domine largement les perps décentralisés — de l'ordre de la moitié du volume on-chain de la catégorie. Mais rapporté au marché total des perpétuels, CEX inclus, on parlait encore d'environ 7,6 % en juin 2026. C'est remarquable pour un protocole de trois ans, ce n'est pas "supérieur aux CEX". Et la profondeur réelle sur BTC/ETH/SOL n'a rien à voir avec celle de la longue traîne, où le slippage reste ce qu'il est.

Le modèle économique bouge sous vos pieds (point 8)

C'est l'évolution la plus importante de 2026 et elle n'apparaît pas dans la liste. Les marchés déployés par des tiers via HIP-3, dominés par les perpétuels sur actifs réels tokenisés, sont passés d'environ 2 % à près de 50 % du volume perp du protocole en six mois. Conséquence directe : Hyperliquid reverse une part croissante des frais aux déployeurs et teneurs de marché, et le revenu brut trimestriel a reculé d'environ 43 % par rapport au pic de 2025. Traduction pour qui détient du HYPE : plus de volume que jamais, mais une part plus faible de ce volume qui revient au protocole. La thèse d'investissement de 2025 n'est pas mécaniquement celle de 2026.

Le point 10 mérite une lecture inversée

Les session keys, c'est du confort réel. C'est aussi une clé chaude disposant de droits de trading sur votre compte, stockée dans un navigateur. La fluidité "Web2" a un coût en surface d'attaque, et le mode one-click supprime le dernier point de friction avant une prise de position — ce qui, pour un trader discrétionnaire, n'est pas toujours un service rendu.

Le volet réglementaire et fiscal, incontournable pour un résident français

C'est le point où je serai le plus insistant, parce qu'il est absent de la liste et qu'il concerne directement les lecteurs du forum.
  • Le front-end restreint les États-Unis, l'Ontario et les juridictions sanctionnées. Il ne restreint pas l'Union européenne. L'accès technique ne dit rien du cadre juridique applicable.
  • La période transitoire PSAN s'est achevée le 1er juillet 2026. Depuis cette date, seuls les prestataires agréés PSCA au sens de MiCA peuvent fournir des services sur crypto-actifs en France. Hyperliquid ne figure évidemment pas parmi eux.
  • Surtout : un perpétuel est un instrument dérivé. Il relève davantage de l'univers MiFID que de MiCA. Un intermédiaire régulé proposant des CFD crypto à un particulier européen est plafonné à un levier de 2:1 avec protection contre solde négatif. Ici, vous avez jusqu'à 40x, sans schéma de garantie des investisseurs, sans médiateur, sans recours. La différence de levier ne vient pas d'une prouesse technique, elle vient de l'absence du cadre.
  • Fiscalement, la qualification est loin d'être évidente. Les gains sur perpétuels ne rentrent pas naturellement dans le régime des cessions d'actifs numériques, et le risque de requalification en BNC existe selon la fréquence et les moyens employés. Par ailleurs, un protocole non-custodial n'entre a priori pas dans le champ du 3916-bis, ce qui ne supprime évidemment pas l'obligation de déclarer les gains. Sur ce sujet précis, l'avis d'un expert-comptable spécialisé vaut mieux que n'importe quel avis de forum, le mien compris.
En résumé

Hyperliquid est un objet techniquement impressionnant, et le carnet d'ordres on-chain à cette vitesse était considéré comme impossible il y a trois ans. Les dix points décrivent correctement le produit. Ils ne décrivent pas le risque, et sur un forum de trading c'est la seconde partie qui a de la valeur.

Pour ceux qui veulent regarder de plus près, les questions à trancher avant de déposer le moindre euro sont : quelle taille de position en cas d'ADL, quelle exposition acceptée au bridge, quelle part du capital dans un vault en sachant que l'on y est vendeur de volatilité avec 4 jours de blocage, et quelle position fiscale documentée. Si l'une des quatre reste sans réponse, la réponse par défaut est zéro.

Et pour répondre à ta question : personnellement je reste sur des intermédiaires régulés, moins par conviction technologique que parce que je préfère un cadre où le recours existe. Mais le retour d'expérience de ceux qui tradent réellement dessus m'intéresse — notamment sur la qualité d'exécution hors BTC/ETH, et sur le comportement de la plateforme lors des pics de volatilité.

jackoneil
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Re: Hyperliquid (HYPE) : avis et discussions

#6 Message par jackoneil »

Bonjour à tous,

Avant le fond, un point de modération : le message #4 (« airdrop GUESS » avec lien externe) a été supprimé et le compte banni. Compte créé la veille, promesse de gains, lien vers un domaine inconnu, mécanique de « jeu » pour obtenir des tokens : c'est le schéma classique des faux airdrops, dont le but est de vous faire connecter votre wallet et signer une autorisation. Si quelqu'un a cliqué et connecté un wallet, révoquez les autorisations et considérez ce wallet comme compromis.

Sur le sujet lui-même, merci à JosephTot pour ces trois messages. Je voudrais pousser l'analyse là où elle s'arrête un peu tôt, et corriger quelques points.

1. D'abord, les chiffres ne concordent pas entre les messages

C'est précisément le sujet que JosephTot soulève lui-même, donc autant l'appliquer au fil :
  • Le plus haut historique est daté du 23 août dans un message du 22 août, et situé à 83,27 $ dans le premier message, « au-dessus de 77 $ » dans le deuxième.
  • L'intérêt ouvert passe de 9 Md$ (#1) à plus de 11 Md$ mi-juillet (#5).
  • Le levier maximum : 50x dans le #2, 40x dans le #5. Le #5 est cohérent avec la réduction intervenue après les incidents de 2025 (40x sur BTC, 25x sur ETH).
  • L'offre en circulation de 220 millions de jetons me paraît basse au regard des chiffres habituellement cités : à vérifier sur la source primaire, car tout le raisonnement de valorisation en dépend.
Rien de grave, mais sur un actif où la thèse repose sur des multiples, une erreur de 30 % sur le dénominateur change la conclusion.

2. Valorisation : ni la capitalisation en circulation, ni la diluée

Pour répondre à la troisième question de JosephTot : les deux sont mauvaises, chacune à sa façon.
  • La capitalisation en circulation ignore la dilution à venir, c'est entendu.
  • La capitalisation totalement diluée suppose que les 78 % restants arrivent tous sur le marché, à prix constant, sans tenir compte des rachats. Or une large part de l'offre non émise est une réserve de récompenses communautaires dont le calendrier est à la main du protocole, et le fonds d'assistance rachète en continu avec l'essentiel des commissions.
Le bon outil, à mon avis, n'est pas un stock mais un flux : comparer chaque mois ce qui entre sur le marché (déblocages) et ce qui en sort (rachats).

Ordres de grandeur, à vérifier sur un tracker de déblocages : les jetons de l'équipe se débloquent depuis fin novembre 2025 à un rythme de l'ordre de 10 millions par mois. À 81 $, cela représente environ 800 M$ de jetons libérés chaque mois. En face, 420 à 600 M$ de commissions annuelles financent des rachats de l'ordre de 35 à 50 M$ par mois.

Tous les jetons débloqués ne sont pas vendus, une partie est remise en jeu. Mais même avec une hypothèse prudente, le ratio est d'un ordre de grandeur défavorable aux rachats. C'est, à mon sens, le chiffre qui devrait figurer dans toute analyse de HYPE, bien avant le multiple de revenus.

3. Le multiple de revenus est moins absurde qu'il n'y paraît, et plus fragile qu'on ne le dit

Comparer 30 à 40 fois les revenus aux 10 à 20 fois des bourses cotées est trompeur dans les deux sens.
  • Côté favorable : Hyperliquid tourne avec une structure de coûts extrêmement légère. Ses revenus sont donc proches d'un résultat. La comparaison pertinente est plutôt le PER des bourses cotées, qui se situe généralement entre 25 et 35. Vu sous cet angle, HYPE sur la capitalisation en circulation n'est pas hors norme.
  • Côté défavorable : ce « résultat » ne revient pas à l'investisseur sous forme de dividende ou de droit sur les actifs. Il est converti en rachats, sans comptes audités, sans assemblée générale, sans droit de vote sur l'allocation.
  • Et surtout, la dynamique s'inverse : comme le note le #5, avec HIP-3 une part croissante des frais part chez les déployeurs et teneurs de marché. Plus de volume, moins de revenu par unité de volume. Une bourse qui gagne des parts de marché en rétrocédant sa marge, c'est une stratégie, mais ce n'est pas celle que le multiple actuel valorise.
4. « La prochaine Bourse mondiale » : il manque la fonction principale d'une Bourse

L'exemple SpaceX est intéressant, mais il faut le lire jusqu'au bout. Le perp tournait autour de 172 à 176 $ le jour de la cotation, pour une clôture à 161 $. Soit un écart de 7 à 9 %. C'est mieux que le secondaire traditionnel, ce n'est pas une découverte du prix « exacte ».

Et il y a une raison structurelle. Sur un pré-IPO, le taux de financement est censé ancrer le perp, mais il s'ancre sur un prix de référence qui n'a lui-même aucun sous-jacent négociable. Le système est en partie circulaire : il agrège les anticipations des participants, il ne les confronte à rien d'arbitrable avant le jour de la cotation.

Sur la question des banques d'affaires, je pense que la comparaison passe à côté de l'essentiel. Une introduction en Bourse ne sert pas d'abord à découvrir un prix, elle sert à lever des capitaux : placement, allocation, garantie de bonne fin, stabilisation. Un perp synthétique ne fait entrer aucun euro dans l'entreprise. C'est un pari à somme nulle entre traders.

Ce qui peut changer, en revanche, c'est la négociation du prix d'introduction. Quand un carnet ouvert 24h/24 affiche un prix implicite pendant des semaines, il devient plus difficile pour un syndicat bancaire de fixer un prix très en dessous sans que cela se voie. C'est une pression sur la décote, pas un remplacement de la fonction.

5. Fiscalité : les deux messages se contredisent, et c'est normal

Le #1 indique que la 3916-bis s'impose, le #5 qu'un protocole non-custodial n'entre a priori pas dans son champ. La 3916-bis vise les comptes ouverts auprès d'un organisme établi à l'étranger. Un wallet en auto-garde n'est pas un compte ouvert auprès de quelqu'un, mais les plateformes utilisées pour passer d'euros en stablecoins, elles, le sont généralement.

Quant à la qualification des gains sur perpétuels (régime des actifs numériques, instruments financiers à terme, voire BNC en cas de pratique habituelle), elle n'est pas tranchée. Je rejoins le #5 : sur ce point, l'avis d'un professionnel vaut mieux qu'un fil de forum, le mien compris.

En résumé

Hyperliquid est sans doute le projet du secteur qui se prête le mieux à une analyse financière classique, et c'est justement pour ça qu'il faut aller au bout de la grille :
  • raisonner en flux (déblocages contre rachats) plutôt qu'en stock (circulante contre diluée) ;
  • suivre le revenu par unité de volume, pas seulement le volume ;
  • ne pas confondre découverte du prix et levée de capitaux ;
  • garder en tête que l'écart de levier avec un courtier régulé ne vient pas d'une prouesse technique, mais de l'absence de cadre.
Si quelqu'un a les chiffres précis du calendrier de déblocages et des rachats mensuels, je suis preneur : c'est la donnée qui permettrait de trancher le débat sur la valorisation.

Comme le rappelle JosephTot, ce fil est une analyse, pas une incitation : les perpétuels à effet de levier sur plateforme non agréée exposent à une perte rapide et totale du capital.

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