Création d'entreprise / société pour trader / trading en compte propre

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Verbal Kint
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Création d'entreprise / société pour trader / trading en compte propre

#1 Message par Verbal Kint »

Bonjour à tous,

Ma question est dans le titre :
Qui a créé une société de type EURL, SAS,... pour exercer son activité de trading.

Ou alors êtes-vous en profession libérale.

Merci d'avance pour votre partage d'expérience.
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FullPips
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Re: Qui a une société pour trader ?

#2 Message par FullPips »

Moi j'ai simplement changé les buts de mon entreprise individuelle au registre du commerce en les faisants contrôler par les juristes de la FINMA.

En Suisse, les autorités fiscales sont des malins. Tant que l'on est perdant, on est investisseurs particuliers. Pas d'impôts sur les plus-values.

Mais si on spécule activement et avec succès, c'est une activité professionnelle et les plus-values ne sont plus considérées comme un gain en capital (exempté de l'impôt sur le revenu), mais comme un revenu.

Et c'est valable tant sur le forex, que sur n'importe quoi. Même les gros collectionneurs de vins se sont fait niquer.

Le prochain qui dit encore que la Suisse est un paradis fiscal, je le tape !

Bref, j'ai le statut d'entreprise individuelle, et je peux passer tous mes frais en charges. Bureaux, serveurs, téléphones, séminaires, repas d'affaires, voyages, etc.

Au final, si j'aurais créé une SA, j'aurais le risque de double imposition sur ce que je ne sort pas en salaires mais en dividendes. Et même que je serais employé de ma société, je n'aurais pas droit au chômage.

Bref, quel que soit le pays, créer une personne morale pour du trading en compte propre ne me semble pas une nécessité.

Et si on est vraiment bon, direction le Qatar...

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Re: Qui a une société pour trader ?

#3 Message par 4b4z »

salut gpyp et eric,

Je bosse en société libérale, mais ce n'est pas une société lié au trading.

En FRANCE pas le droit au allocation chômage en cas de défaillance, mais le risque de ce faire saisir ses biens est là. Pour limiter les dégâts il faut avoir un avocat et un notaire pour limiter la casse.

En cas d'accident ou de maladie, il y a un délai de carence de trois mois pour pouvoir commencer à toucher des indemnité journalière. L idéale c'est de souscrire à une assurance.

J ai eu un accident, j'ai glissé dans ma véranda. Mon bras droit est passé à travers d'une vitre. Tendons, muscles, nerfs et artère sectionné; si j'avais eu la présence d'esprit. J aurai demandé à un de mes voisins de péter une vitre et là j'aurais été pris en charge par son assurance.

Une des deux infirmières qui m'a fait des soins pourrait prendre sa retraite, mais si elle arrête il faut qu'elle paye 70k de charge. Sur 100 € de chiffre d'affaire elle se fait 30 € de bénéf et ses 35h elle se les fait en moins de trois jours.

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FullPips
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Re: Qui a une société pour trader ?

#4 Message par FullPips »

4b4z a écrit :salut gpyp et eric,

Je bosse en société libérale, mais ce n'est pas une société lié au trading.

En FRANCE pas le droit au allocation chômage en cas de défaillance, mais le risque de ce faire saisir ses biens est là. Pour limiter les dégâts il faut avoir un avocat et un notaire pour limiter la casse.
Salut 4b4z,

Je sais qu'en France le nombre de formes d'entreprises a explosé. Comme tout le cadre législatif d'ailleurs.

J'avais trouvé très intéressant lorsque que François Bayrou, avait le code du travail suisse dans une main et le français dans l'autre. Cela donnait un fascicule vs un dictionnaire.

Voici le lien de la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=_ZBo3_mNwrQ

Je crains que se soit la même chose dans le domaine du droit des entreprises.

Ta 'société libérale' a le statut de personne morale ? C'est une société de capitaux ?

Dans ce cas la responsabilité devrait-être limitée au capital social et tu devrais être soumis à la liquidation par voie de faillite ?

En Suisse, c'est le bon coté de créer par exemple une sàrl de 20 k. Le risque est limité au 20k.

Du moins en théorie. Car en pratique, en tout cas pour ce qui est des banques, il exigent souvent des garanties sur tes avoirs personnels, donc cela annule cet avantage.
4b4z a écrit :J ai eu un accident, j'ai glissé dans ma véranda. Mon bras droit est passé à travers d'une vitre. Tendons, muscles, nerfs et artère sectionné; si j'avais eu la présence d'esprit. J aurai demandé à un de mes voisins de péter une vitre et là j'aurais été pris en charge par son assurance.
Oui je me rappelle de ton accident. Tu t'en es bien remis ?

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Verbal Kint
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Re: Qui a une société pour trader ?

#5 Message par Verbal Kint »

J'ai oublié de préciser que si je veux monter une société c'est parce que professionnellement je ne peux cumuler deux activités.
D'où l'idée de monter une société dont je ne serais qu'actionnaire. Donc pas d'entreprise individuelle ou de profession libérale. Mon choix, en fait par obligation, serait une SAS.
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FullPips
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Re: Qui a une société pour trader ?

#6 Message par FullPips »

GPYB a écrit :J'ai oublié de préciser que si je veux monter une société c'est parce que professionnellement je ne peux cumuler deux activités.
D'où l'idée de monter une société dont je ne serais qu'actionnaire. Donc pas d'entreprise individuelle ou de profession libérale. Mon choix, en fait par obligation, serait une SAS.
Cette interdiction de cumuler deux activités est en relation directe avec le trading ?

Par exemple tu bosses dans une salle de marché et ton contrat de travail t'interdit de prendre position sur le marché en ton nom ?

Ou plus simplement ton contrat de travail se situe dans un domaine sans rapport avec le trading, mais t'interdit de mener d'autres activités salariées ou indépendantes ?

De toute manière, tu dois te demander si tu ne prends pas un peu d'avance sur le programme ! :roll:

Soit tu boursicotes en amateur, ce qui revient à gérer ton patrimoine comme tout un chacun et cela ne me semble pas entrer dans le domaine d'une activité professionnelle en tant que telle, donc échappe aux clauses limitatives éventuelles de ton contrat de travail.

Soit tu es d'un niveau supérieur et le revenu de ton trading est largement suffisant pour quitter ton emploi actuel.

Mais selon mon expérience, les gens qui se posent ce genre de questions, se projettent dans un avenir un brin fantasmé alors qu'à l'instant T la question ne se pose pas vraiment. :wink:

Le projet de devenir trader et d'en vivre ne se décrète pas comme si on décidait d'ouvrir une pizzeria.

Maintenant, si tu me dis que cela fait deux ans que tu te fais plus de 50 k. sur les marchés (et pas en démo, hein !) et que tu désires structurer un peu ton activité, là on discute.

Attention, ne te sent pas offensé, ont veux tous devenir trader, et on se pose tous ce genre de question.

Et la question est en soit pertinente. Mais dans 99 % des cas, elle est anticipée...

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Verbal Kint
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Re: Qui a une société pour trader ?

#7 Message par Verbal Kint »

FullPips a écrit : Ou plus simplement ton contrat de travail se situe dans un domaine sans rapport avec le trading, mais t'interdit de mener d'autres activités salariées ou indépendantes ?
C'est ce cas là.

Et mon but est bien que mes gains en trading dépassent mon revenu actuel.
Donc se poserait alors la requalification en pro.

De plus comme je n'aurais pas besoin au départ des gains pour vivre et que je souhaite les réinvestir, je ne me verserai quasiment aucun dividende. Donc au niveau personnel aucun impôt supplémentaire à payer et rien à déclarer.

Il n'y aura qu'au niveau de la société que j'aurais à déclarer et l'IS à payer.

Et si tout fonctionne parfaitement alors là je pourrais être trader pro quitte à refaire une autre sorte d'entreprise ou passer en libéral.
Tu vois un peu le truc.
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Slurp
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Créer une entreprise / société pour du trading en compte propre ?

#8 Message par Slurp »

Bonjour,

Je pensais encore jusqu'à ce soir que le trading en compte propre voulait dire ne pas créer d'entreprise.

Alors je me doute qu'il est possible de trader avec son argent sans créer de structure entrepreneuriale comme le font beaucoup de particulier...

Mais pour quelle raison faut il penser à créer une entreprise?
Est ce le fait de ne pas avoir d'activité professionnelle par ailleurs qui rend l'entreprise obligatoire?

Visiblement beaucoup choisissent l' EI voir l'EIRL pour protéger leur patrimoine.(pas de personne morale)
Est ce que le fait d'utiliser une société (sasu par exemple) nécessite des autorisations d'organisme comme l'AMF ou autre pour trader du fait qu'il s'agit d'une personne morale?

Merci pour vos lumières! : )

fchevalier
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Re: Creer une entreprise pour compte propre?

#9 Message par fchevalier »

La question du pourquoi créer une entreprise pour compte propre est complexe et dépends beaucoup de la situation juridique et fiscale de chacun.

Il y a 2 pays avec des réponses évidentes pour les traders actifs :

En Belgique : depuis quelques années, la Belgique taxe les plus-values des valeurs détenues moins de 6 mois, mais ne permet pas de déduire les moins-values. Tu peux donc en trading actif assez facilement te retrouver gagnant avant impôts, et perdant après... Je suis même tenté de dire que débuter dans le trading actif en Belgique (sans frauder le fisc), tu oublies. Parce qu’en plus, la gestion d’une SPRL-U c’est moins évident que la grosse majorité des structures équivalentes ailleurs en Europe (bien bien lourd, plus qu’une SaRL / EURL Française qui est pourtant pas un modèle d’administration simple).

En Allemagne : là aussi, on viens de mettre des limites dans les déductions des moins-values pour les particuliers. En pratique, certains se mettent à trader en se bridant en fonction de la limite fiscale : https://financial-hacker.com/the-scholz ... rader-tax/

Ailleurs : un peu partout, les plus-values en capital sont moins taxés que le travail (est-ce une bonne chose ? je ne sais pas, je me contente ici de le constater). Donc tu peux profiter du PFU en France pour baisser ton imposition, mais.... arrive un moment, notamment pour le trading actif, où le fisc pourra considérer que c’est une activité professionnelle et t’imposer le régime fiscal moins avantageux. Dans ton exemple, « le fait de ne pas avoir d'activité professionnelle par ailleurs », par exemple, risque d’être le cas (en France la limite est pas clairement définie, et souvent ailleurs aussi, mais ça c’est un marqueur clair qu’on va traiter le trading comme une activité professionnelle). Et là tu vas très vite comprendre qu’il vaux mieux séparer la comptabilité, donc t’as les mêmes inconvénients qu’un vrai pro, le même niveau de taxation, avec peut-être même des avantages en moins. Tu vas aller voir un comptable qui va probablement aller te conseiller de donner une forme juridique à tout cela et que cela permettra peut-être même de baisser ton niveau d’imposition.

En Europe, l’état depuis quelques années, s’il manque de sous, peut aller se servir sur les comptes des particuliers des soldes au-delà de 100K, on peut penser à mettre son argent dans une personne morale si on veux pas se faire « chyprioter » son compte.

« Est ce que le fait d'utiliser une société (sasu par exemple) nécessite des autorisations d'organisme comme l'AMF ou autre pour trader du fait qu'il s'agit d'une personne morale? »

Non. Par contre, les brokers vont appliquer les procédures KYC pour les personnes morales, faudra donc présenter un peu plus de documents pour ouvrir un compte, sans que ce soit insurmontable.

Edit : Je suis pas comptable / avocat / fiscaliste, pour un vrai conseil (adapté a ta situation donc) aller voir un vrai pro. Ya même des lois qui interdisent de donner des conseils fiscaux à ceux qui n’en sont pas autorisés, donc voilà, si t’as un vrai problème, va voir un vrai pro qui connait la situation de ton pays. Pas un guignol comme moi sur un forum.

Slurp
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Re: Creer une entreprise pour compte propre?

#10 Message par Slurp »

Merci à toi j'ai eu l'occasion de faire quelques recherches et je me retrouve un peu mieux.

Je me demande pourquoi les trader particuliers même occasionnels n'utilisent pas une entreprise individuelle (très ) qui permet un abattement forfaitaire de 34 % avant impot. C'est tout de même avantageux

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Fabien Labrousse
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Re: Creer une entreprise pour compte propre?

#11 Message par Fabien Labrousse »

Bonjour,

On en avait pas mal parlé à l'époque, je pense notamment dans cette file de discussions, et je me souviens d'un article intéressant à ce sujet sur Univers Bourse.

Mais ces informations datent maintenant, donc les infos ne sont peut-être plus d'actualité vu que les lois changent au fil des années.


Peut-être quelques pistes intéressantes :

https://www.zonebourse.com/communaute/f ... =showtopic

https://www.andlil.com/forum/creation-d ... t5511.html


Bon courage dans tes recherches, et merci fchevalier pour ton partage.
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sabkent
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Re: Creer une entreprise pour compte propre?

#12 Message par sabkent »

Salut !

Merci pour les différentes thématiques du forum, je recherche aussi des informations concernant l'ouverture d'une entreprise pour compte propre.

Je suis actuellement en pourparlers avec un cabinet de gestion Rouen qui m'aide à entrevoir les possibilités !

Je ne manquerai pas de revenir vers vous lorsque j'aurai plus d'informations pertinentes !

À très vite

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Fabien Labrousse
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CLASSEMENT FORBES : plein D'ENTREPRENEURS, pas de TRADERS

#13 Message par Fabien Labrousse »

🎖 CLASSEMENT FORBES : plein D'ENTREPRENEURS, pas de TRADERS

🎙️ Maxime PARRA, Fondateur de NewTrading et Trader pour compte propre

"Si vous regardez par exemple le classement des grandes fortunes par Forbes c'est pas des traders qui sont en haut du classement c'est des entrepreneurs. Donc l'entrepreneuriat est une voie plus facile et moins risquée que le trading même si on n'est pas sur quelque chose de facile et de peu risqué, c'est c'est extrêmement difficile aussi l'entrepreneuriat, donc il y a plusieurs facteurs à prendre en compte : c'est 1 se dire : "est-ce que c'est la meilleure façon pour moi d'arriver à gagner de l'argent par rapport aux ressources que j'investis en terme de temps, d'argent et d'énergie ?" pas forcément, dans le cas des de la plupart des particuliers il n'y a aucune garantie que vous allez un jour ou l'autre réussir à percer donc même avec beaucoup d'efforts c'est pas suffisant pour se dire que l'on va gagner sur le long terme, et le troisième point pour boucler là-dessus : c'est pour moi c'est beaucoup plus intéressant encore une fois de découvrir le trading comme un loisir, et je vais expliquer ce que j'entends par découvrir ça comme un comme un loisir parce que c'est..."

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lorents
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Re: Créer une entreprise pour compte propre ?

#14 Message par lorents »

Et si les critères ESG devenaient un moteur de volatilité sur les marchés ?
Avec la montée en puissance des investissements ESG, on pourrait se demander si ces critères ne vont pas, paradoxalement, accentuer la volatilité à court terme. Par exemple, lorsqu'une entreprise fait face à une controverse environnementale, les fonds ESG désinvestissent en masse, ce qui peut provoquer des mouvements brusques. Pensez-vous que les stratégies ESG pourraient créer de nouvelles opportunités pour les traders actifs ?
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Fabien Labrousse
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Trading : adopter une logique de chef d'entreprise et optimiser sa rentabilité personnelle

#15 Message par Fabien Labrousse »

🎙️ Benoist Rousseau est Trader Pro, Membre du CME, Top 10 influenceur éco par Challenges, Fondateur du Blog andlil.com, Formateur dans le cadre de Séminaires & Coaching Pro : https://www.deveneztraderpro.com/?aff=VideoBourse

"Là il y a une logique de rentabilité en tant que chef d'entreprise de ton temps, de ton efficacité personnelle en fait, et aussi de ce que tu veux faire de ta vie derrière, parce qu'avant je tradais effectivement de 8h à 22h non-stop, je faisais que ça, donc 70 heures par semaine puis le weekend je me reposais j'étais crevé, c'était... je vivais trading, je respirais trading, et maintenant bah je trade 1 heure par jour : 15h30 / 16h30, l'ouverture des marchés américains là où il y a le plus de volatilité et j'ai 90 % les mêmes résultats qu'avant. Ça veut dire que quand je trade plus longtemps, j'arrive rapidement vers 17h30 / 18h sur des périodes de faible volatilité, donc dans les période de range qui ne sont pas favorables au scalpeurs, et là je perds des points stupidement, et puis il y a la fatigue qui va finir par s'accumuler au bout d'un moment et tu es beaucoup beaucoup moins efficace. Mais passer de 14 heures de trading..."

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Emily
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Re: Créer une entreprise pour compte propre ?

#16 Message par Emily »

Bonjour,

Alors, pour créer une entreprise pour trader, ça dépend vraiment de ce que vous faites. Si vous êtes un trader occasionnel, ça ne vaut peut-être pas le coup de monter une structure. Par contre, si vous êtes plus dans le trading régulier, ça peut être utile pour séparer vos finances persos et pro, et ça permet aussi de mieux gérer la fiscalité.

Si vous optez pour une entreprise individuelle, vous avez des avantages comme l’abattement forfaitaire, ce qui peut alléger les impôts. Mais attention, si vous êtes trop actif, le fisc peut vite vous considérer comme un pro, et là, vous allez passer à un régime fiscal plus lourd.SASU

Quant à une SASU, vous n’avez pas besoin de l’agrément de l’AMF tant que vous ne gérez pas des fonds d’investissement. Mais il y a plus de paperasse à gérer, et les brokers vous demanderont un peu plus de documents pour ouvrir un compte, surtout pour une personne morale.

Bref, c’est vraiment une question de fréquence et de manière de trader. Si c’est juste pour faire quelques trades de temps en temps, ça ne sert à rien. Mais si vous voulez en faire une activité plus sérieuse, ça peut valoir le coup... Dans tous les cas, un bon comptable peut vous aider à faire le point et à éviter les galères fiscales (et les redressements !...)

garic
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Trading et création de société

#17 Message par garic »

Salut ! Mes perfs sur le Forex deviennent régulières et l'idée de structurer ça en SASU ou EURL fait son chemin pour déduire mes frais réels. Gérer les signaux et la fiscalité en même temps commence à saturer mon emploi du temps, sans parler du risque d'erreur sur les déclarations. L'un d'entre vous a franchi le pas de l'expertise comptable pour sécuriser son business plan et envisager du LMNP avec ses profits ? L'arbitrage entre tout gérer seul et payer pour la sérénité fiscale m'intéresse vraiment avant de choisir mon statut définitif. Merci pour vos retours sur ce passage au stade pro !

garic
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Re: Trading et création de société

#18 Message par garic »

Après réflexion et quelques discussions avec des potes qui gèrent déjà leur activité, je me suis décidé à contacter un service d'expertise comptable situé dans l'Ain pour avoir un vrai point de vue sur ma situation. Ça m’a bien rassuré de voir qu’ils peuvent suivre les comptes, gérer la déclaration de TVA éventuelle et même anticiper les optimisations pour la SASU vs EURL.
Franchement, le prix n’est pas négligeable mais ça m’enlève un gros stress et je peux me concentrer sur le Forex et mes stratégies sans craindre de me planter fiscalement. Je pense que pour ceux qui veulent passer pro et sécuriser leurs gains, ça vaut vraiment le coup de se poser et de parler avec un vrai pro plutôt que de bricoler seul.

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Fabien Labrousse
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#19 Message par Fabien Labrousse »

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Jamesbrene
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Expert-comptable trading / bourse en société

#20 Message par Jamesbrene »

Certains experts-comptables sont bons / callés pour imputer les plus ou moins-values de manière optimale dans le cadre de la réalisation du bilan d'une société.

Mais beaucoup n'aiment pas ça ou n'y sont pas habitués.

D'après mon expérience.

JosephTot

L'entrepreneuriat comme meilleur allié du trading : ce que disent les chiffres

#21 Message par JosephTot »

Commençons par une comparaison que personne ne fait, et qui devrait pourtant ouvrir tous les débats sur le sujet.
  • Entreprises françaises créées en 2018, hors micro-entrepreneurs : 69 % sont encore actives cinq ans après. Le taux est de 94,6 % à un an et de 81,3 % à trois ans. Les sociétés font mieux que les entreprises individuelles — 70,6 % contre 63,3 %.
  • Day traders brésiliens ayant persisté au-delà de 300 jours : 97 % ont perdu de l'argent, et seulement 1,1 % ont gagné plus que le salaire minimum. Sur quinze ans de données taïwanaises exhaustives, moins de 1 % dégagent des gains persistants après frais.
Prenez une minute sur ces deux blocs. On répète partout que créer une entreprise est risqué et que la majorité échoue. C'est faux : sept entreprises sur dix passent le cap des cinq ans. Ce qui échoue massivement, c'est le trading actif exercé seul et sans autre revenu.

Ce message explique pourquoi les deux activités se renforcent — et à quelles conditions.


La contrainte dont personne ne parle : le capital

Un rendement s'exprime en pourcentage. Une vie se paie en euros.

Un trader remarquable qui dégagerait 20 % annuels — performance que très peu de professionnels tiennent sur la durée — gagne 2 000 euros par an avec un compte de 10 000 euros. Ce n'est pas un revenu. C'est un résultat statistiquement excellent et économiquement insignifiant.

Pour vivre du trading, il ne faut pas être bon. Il faut être bon et disposer de capital. Or la seule façon d'obtenir du capital sans en avoir hérité est d'en gagner ailleurs.

C'est ce qui rend l'ordre habituel des priorités absurde. On passe des années à optimiser une méthode pour améliorer un rendement de trois points, alors que multiplier le capital par cinq aurait un effet dix fois supérieur. L'entrepreneuriat travaille sur le multiplicateur, le trading sur le pourcentage.


Le mécanisme central : un revenu extérieur change votre comportement

Voici l'argument le plus important, et il n'est pas psychologique — il est mécanique.

Un trader qui a besoin de l'argent de son compte pour payer son loyer :
  • prend des positions qu'il n'aurait pas prises, parce qu'une semaine sans trade est une semaine sans revenu ;
  • augmente sa taille après une perte, parce qu'il doit rattraper ;
  • refuse de couper une position perdante, parce que la matérialiser signifie un mois compromis ;
  • ne peut pas rester à l'écart pendant les périodes défavorables à son approche.
Relisez cette liste. Ce sont exactement les quatre causes de perte que j'ai documentées dans un message précédent : surtrading, dimensionnement émotionnel, effet de disposition, sortie du cadre.

La pression économique ne rend pas seulement le trading désagréable. Elle produit mécaniquement les comportements qui font perdre.

Un revenu extérieur ne vous donne pas un avantage. Il vous donne la possibilité d'appliquer celui que vous avez peut-être — ce qui, statistiquement, revient au même.


Le temps, c'est-à-dire l'échantillon

J'ai souvent cité ce calcul : établir statistiquement un avantage demande environ (2 ÷ ratio de Sharpe)² années de données. Pour un Sharpe de 0,5, seize ans. Pour un Sharpe de 0,4, celui du suivi de tendance sur 136 ans, vingt-cinq ans.

Un trader sans revenu extérieur ne dispose pas de seize ans. Il dispose du temps que dure son épargne — souvent douze à vingt-quatre mois. Il sera éliminé bien avant que la question « ai-je un avantage ? » puisse recevoir une réponse.

L'entrepreneuriat n'achète pas une méthode. Il achète du temps, c'est-à-dire de l'échantillon. Et l'échantillon est la seule chose qui distingue un avantage réel d'une série chanceuse.


Deux revenus décorrélés, c'est le même repas gratuit qu'un portefeuille diversifié

Si vous combinez deux flux d'espérance positive faiblement corrélés, le rendement de l'ensemble est la moyenne des deux mais le risque est inférieur à cette moyenne. C'est la seule opération en finance qui n'a pas de contrepartie.

Ce raisonnement, que j'appliquais aux stratégies, vaut exactement de la même façon aux sources de revenu. Une activité entrepreneuriale et une activité de trading n'ont pas les mêmes moteurs, pas les mêmes cycles, pas les mêmes causes d'échec.

Avec une réserve importante, et j'y reviens plus bas : encore faut-il qu'elles soient réellement décorrélées.


Les compétences circulent dans les deux sens

C'est le bénéfice le plus sous-estimé, et il est réciproque.

Ce que l'entrepreneuriat apporte au trader :
  • La gestion de trésorerie. Un entrepreneur qui a déjà vécu trois mois de creux comprend viscéralement la différence entre être rentable et être solvable — distinction que beaucoup de traders n'intègrent qu'après avoir été liquidés.
  • La lecture d'une entreprise de l'intérieur. Comprendre ce qu'est un coût d'acquisition client, une marge brute, un besoin en fonds de roulement, transforme la lecture d'un rapport annuel. On cesse de regarder des ratios pour voir une mécanique.
  • La tolérance aux périodes plates. Un entrepreneur sait qu'un trimestre sans résultat visible n'annule pas le travail. C'est précisément la disposition qu'exige le suivi de tendance, et qui fait échouer la plupart de ceux qui l'appliquent.
  • La négociation et la relation commerciale, qui apprennent que le prix affiché n'est presque jamais le prix réel — leçon transposable.
Ce que le trading apporte à l'entrepreneur :
  • Le dimensionnement du risque. Un entrepreneur type engage tout sur un seul pari. Un trader sait que la taille de la position décide plus souvent que la qualité de l'idée.
  • Couper une perte. C'est la compétence la plus rare et la plus précieuse en entreprise : arrêter un produit, un client, une ligne d'activité qui ne fonctionne pas. Les entrepreneurs sont structurellement mauvais à cet exercice, exactement pour la raison décrite par l'effet de disposition — clôturer, c'est admettre.
  • Le raisonnement probabiliste. Cesser de demander « est-ce que ça va marcher ? » pour demander « quelle est l'espérance, et que se passe-t-il si je me trompe ? ».
  • La mesure. Tenir un journal, normaliser, segmenter — ce sont les mêmes réflexes qui font un bon pilotage d'entreprise.

L'asymétrie des profils de gain

Une entreprise a une perte plafonnée — votre investissement et votre temps — et un gain non plafonné. Un compte de trading à effet de levier a exactement le profil inverse tant que le dimensionnement n'est pas rigoureux.

Combiner les deux revient à construire une structure dont la partie stable finance la partie convexe. C'est la logique de l'haltère : une base solide, et une exposition mesurée à un potentiel important.

L'erreur classique consiste à inverser les rôles — utiliser le trading comme base de revenu et l'entreprise comme pari secondaire. Les chiffres du début de ce message expliquent pourquoi.


Maintenant, les objections — et elles sont sérieuses

Je serais malhonnête de m'arrêter là. Les données disent aussi ceci :

Cumuler nuit à la survie de l'entreprise. L'INSEE l'établit clairement : un créateur qui se consacre entièrement à sa nouvelle entreprise lui donne davantage de chances de passer cinq ans que s'il cumule une activité rémunérée par ailleurs — environ 68 % contre 57 %. Onze points d'écart. La thèse de ce message doit être lue avec ce chiffre en tête.

L'attention est une ressource finie et non extensible. Le trading actif exige d'être disponible sur des plages précises, souvent les mêmes que celles où un client appelle. Faire les deux mal est un résultat parfaitement atteignable, et probablement le plus fréquent.

La décorrélation supposée est souvent fausse. Si votre activité concerne la finance, les médias financiers ou la formation, vos revenus dépendent des mêmes cycles que vos résultats de trading, et pire encore de votre propre état d'esprit. Un mois difficile sur les marchés dégrade la qualité de votre travail au moment exact où vous en auriez le plus besoin. La vraie décorrélation vient d'une activité éloignée des marchés.

Le cumul peut servir d'évitement. Certains changent d'activité chaque fois que la précédente devient exigeante. « Je fais aussi de l'entrepreneuriat » peut être une stratégie de diversification, ou une façon élégante de ne jamais affronter la discipline qu'exige chacune des deux.

Et l'entrepreneuriat n'est pas facile. Sept sur dix passent cinq ans, mais l'INSEE montre aussi que la pérennité dépend fortement du capital de départ, de l'expérience préalable dans le métier, du nombre de clients au démarrage et du statut juridique. Ce n'est pas un chemin de facilité, c'est un chemin dont le taux d'échec est simplement bien plus faible.


Le point qui change la conclusion

Soyons précis sur le mécanisme réel, parce que c'est là que beaucoup se trompent.

Ce qui protège le trader, ce n'est pas l'entrepreneuriat en tant que tel. C'est l'existence d'un revenu extérieur qui ne dépend pas de ses résultats de marché.

Un salaire produit exactement le même effet sur les quatre mécanismes décrits plus haut, avec une variance bien plus faible et sans consommer d'attention le soir et le week-end. Pour beaucoup de gens, c'est le meilleur montage — et il n'y a aucune honte à le dire sur un forum de trading.

L'entrepreneuriat ajoute deux choses qu'un salaire n'apporte pas : un potentiel de gain non plafonné, et un transfert de compétences bidirectionnel. Il coûte en échange de la variance de revenu et de l'attention. C'est un arbitrage, pas une supériorité.


La structure qui fonctionne

Si vous voulez mener les deux, quelques principes qui découlent de tout ce qui précède :
  • Ne jamais financer l'entreprise avec le compte de trading, ni l'inverse. Comptes séparés, aucun transfert improvisé. Le jour où les deux communiquent, la mauvaise nouvelle de l'un contamine l'autre.
  • Définir à l'avance combien le compte de trading est autorisé à perdre par an, en euros. Ce montant doit être une ligne de budget acceptée, pas une variable d'ajustement.
  • Choisir une approche compatible avec votre disponibilité réelle. Le scalping et une activité entrepreneuriale ne cohabitent pas. Une approche systématique sur unité de temps longue, si.
  • Ne capitaliser le compte que par apports planifiés, jamais en réaction à une perte.
  • Accepter que le trading soit, pendant longtemps, un centre de coût. C'est le prix de l'échantillon.

Ce qu'il faut retenir

La question n'est pas « faut-il entreprendre ou trader ». C'est : d'où vient l'argent qui vous permet de rester en jeu assez longtemps pour savoir si vous avez un avantage ?

Sans réponse à cette question, la discussion sur les méthodes, les indicateurs et les stratégies est prématurée. Avec une réponse, tout le reste devient possible — y compris se tromper pendant deux ans sans que cela ait de conséquence irréversible.

Vous menez les deux de front ? Ce qui m'intéresse surtout, ce sont les frictions concrètes — l'organisation du temps, les moments où l'une des deux activités a dégradé l'autre, et ce que vous avez changé.

Sources : INSEE Première n° 2070, entreprises créées en 2018 ; enquêtes SINE ; Chague, De-Losso & Giovannetti, « Day trading for a living ? » ; Barber, Lee, Liu & Odean sur les données taïwanaises.

Ce message est à visée pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement ni un conseil en création d'entreprise.

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Fabien Labrousse
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Quel statut juridique selon la taille de l'entreprise : de la micro-entreprise à la grande société

#22 Message par Fabien Labrousse »

La question revient régulièrement, et elle est presque toujours posée sous la forme "à partir de quel chiffre d'affaires faut-il passer en société ?". C'est une entrée trompeuse : le chiffre d'affaires n'est pas le critère déterminant, et raisonner ainsi conduit à changer de statut trop tard, ou pour de mauvaises raisons.

Voici un parcours complet, étape par étape, avec les seuils à jour et les vrais points de bascule. Précision préalable : je ne suis ni avocat ni expert-comptable, ces lignes reflètent une expérience de dirigeant, et toute décision de ce type doit être validée par un professionnel. Les chiffres sont ceux applicables début septembre 2026.

0. Les trois vraies questions, avant de parler de statut
  • Comment allez-vous vous rémunérer ? Salaire, dividendes, ou rien du tout les premières années ? C'est la question numéro un, et elle détermine à elle seule le choix entre les principales formes de société.
  • Quelle protection sociale voulez-vous ? Retraite, prévoyance, indemnités journalières. Ce que vous économisez en cotisations aujourd'hui, vous ne l'aurez pas plus tard.
  • Quel est le projet à trois ans ? Seul pour toujours, associés à venir, levée de fonds, revente ? Un statut se choisit pour ce que vous serez, pas pour ce que vous êtes.
Le chiffre d'affaires n'apparaît nulle part dans ces trois questions. Il n'intervient qu'ensuite, comme contrainte.

1. Étape 0 — Tester : la micro-entreprise

C'est le point de départ naturel pour à peu près tout le monde. Création en ligne gratuite, comptabilité réduite à un livre de recettes, cotisations calculées en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, zéro CA égale zéro charge.

Les seuils 2026, en distinguant bien deux jeux de chiffres différents. C'est la confusion la plus fréquente et elle coûte cher.
  • Plafonds du régime micro (revalorisés au 1er janvier 2026 pour la période 2026-2028) : 203 100 € pour la vente de marchandises, la restauration et l'hébergement ; 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. Le dépassement doit être constaté sur deux années civiles consécutives pour entraîner la sortie du régime.
  • Seuils de franchise de TVA, bien plus bas : 85 000 € en vente avec un seuil majoré de tolérance à 93 500 €, et 37 500 € en services avec un seuil majoré à 41 250 €. Dès le franchissement du seuil majoré, vous facturez la TVA à compter du premier jour du mois de dépassement.
À retenir : on peut parfaitement rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA. Ce sont deux mécanismes distincts. À noter aussi que le projet de seuil unique de TVA à 25 000 €, annoncé fin 2024 et suspendu à plusieurs reprises, a été définitivement abandonné par la loi du 3 novembre 2025.

Le vrai point de sortie n'est pas le plafond. C'est le point que 90 % des gens ratent. En micro, vos charges réelles ne sont pas déductibles : l'administration applique un abattement forfaitaire, et vos cotisations portent sur le chiffre d'affaires brut. Tant que vos dépenses réelles restent en dessous de cet abattement, le régime est imbattable. Dès qu'elles le dépassent, vous payez des cotisations sur de l'argent que vous n'avez jamais gagné.

Une activité de conseil sans frais peut donc rester en micro jusqu'au plafond sans aucun regret. Une activité avec du matériel, de la sous-traitance, un local ou des achats devient perdante bien avant — parfois dès 30 000 € de chiffre d'affaires. Le déclencheur, c'est votre taux de charges, pas votre volume.

Trois limites supplémentaires à connaître : pas de récupération de TVA sur les investissements, pas de déficit reportable, et une image parfois pénalisante face à des clients grands comptes.

2. Étape 1 — Se structurer seul : EURL ou SASU

C'est la première vraie décision, et elle se joue presque entièrement sur la question de la rémunération. Les deux formes offrent la même responsabilité limitée aux apports et le même impôt sur les sociétés.

L'EURL — le gérant associé unique est travailleur non salarié. Les cotisations sur la rémunération tournent autour de 45 % du net, ce qui est nettement moins cher. En contrepartie, la protection sociale est plus légère, notamment sur la retraite et la prévoyance. Point d'attention : la part des dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant est soumise à cotisations sociales. On ne peut donc pas s'échapper par les dividendes.

La SASU — le président est assimilé salarié. Les cotisations sur la rémunération avoisinent 75 à 80 % du net, ce qui est cher, mais la couverture est celle du régime général. Avantage décisif dans certains cas : sans rémunération, il n'y a aucune cotisation minimale, contrairement à l'EURL. Et les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales — ils sont taxés au prélèvement forfaitaire unique, passé à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026.

La règle de décision, en une phrase : si vous vous versez une vraie rémunération régulière, l'EURL coûte moins cher ; si vous vous rémunérez peu ou principalement en dividendes, la SASU est plus adaptée — et c'est aussi la forme à choisir si des associés doivent entrer, la transformation en SAS étant alors immédiate.

La fiscalité, commune aux deux : impôt sur les sociétés à 15 % sur la première tranche de 42 500 € de bénéfice, puis 25 %. Le taux réduit suppose trois conditions cumulatives : chiffre d'affaires inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré à la clôture, et détention à au moins 75 % par des personnes physiques.

Un conseil qui vaut de l'argent : la condition de libération intégrale du capital est régulièrement oubliée. Un capital de 5 000 € souscrit mais libéré à moitié vous fait perdre le taux réduit, soit jusqu'à 4 250 € par exercice. Libérez tout à la création.

3. Étape 2 — S'associer : SARL ou SAS

Le passage à plusieurs ne change ni les seuils ni la fiscalité, mais il change la nature du choix.
  • La SARL a un cadre légal rigide : les règles sont dans la loi, les statuts sont largement standardisés. C'est une contrainte et une protection — dans une association familiale ou entre deux personnes qui se connaissent bien, ce cadre évite les mauvaises surprises. Le gérant majoritaire reste travailleur non salarié.
  • La SAS offre une liberté statutaire quasi totale : organisation de la gouvernance, catégories d'actions, clauses d'agrément, de sortie, de préemption, actions de préférence, BSPCE. C'est la forme obligatoire dans les faits dès qu'on envisage une levée de fonds : aucun investisseur ne rentre au capital d'une SARL.
La contrepartie de cette liberté est qu'un mauvais statut de SAS peut créer des situations de blocage que la loi n'aura pas prévues à votre place. Faites-les rédiger sérieusement, ce n'est pas le poste sur lequel économiser.

4. Étape 3 — Grandir : les seuils qui vont vous rattraper

Ils ne changent pas le statut, mais ils changent la vie de l'entreprise. Les connaître à l'avance permet de les anticiper.
  • Le commissaire aux comptes. Nomination obligatoire dès le dépassement de deux des trois seuils suivants, sur deux exercices consécutifs : 5 M€ de total de bilan, 10 M€ de chiffre d'affaires HT, 50 salariés. Ces montants, relevés par le décret du 28 février 2024, valent quelle que soit la forme juridique. Beaucoup d'articles en ligne citent encore les anciens seuils de 4 et 8 M€ : ils sont périmés.
  • La perte du taux réduit d'IS au-delà de 10 M€ de chiffre d'affaires.
  • La contribution sociale de 3,3 % sur l'IS, pour les entreprises dépassant 7,63 M€ de chiffre d'affaires et 763 000 € d'IS dû.
  • Les seuils sociaux : 11 salariés, puis 50 salariés, qui déclenchent obligations de représentation du personnel, participation, et un empilement de contraintes qui explique en partie la faible densité française d'entreprises entre 40 et 60 salariés.
  • La holding devient pertinente à ce stade : régime mère-fille pour faire remonter les dividendes en quasi-franchise d'impôt, intégration fiscale à partir de 95 % de détention, ou simple séparation entre l'immobilier d'exploitation et l'activité. C'est un outil de structuration, pas un outil d'optimisation à créer par principe.
5. Étape 4 — La grande entreprise : SA, SCA, SE
  • La SA impose un capital minimum de 37 000 €, au moins deux actionnaires (sept si la société est cotée), un conseil d'administration ou un directoire avec conseil de surveillance, et un commissaire aux comptes obligatoire. Elle est incontournable pour une introduction en bourse et rassure certains partenaires institutionnels. En dessous de ce besoin, la SAS fait la même chose avec beaucoup moins de rigidité.
  • La société en commandite par actions reste utilisée par quelques groupes familiaux pour conserver le contrôle en dépit de la dilution du capital. C'est un montage de niche, mais qui explique la structure de plusieurs grands noms français.
  • La société européenne concerne les groupes opérant dans plusieurs États membres et souhaitant une structure unique.
6. Ne pas confondre statut juridique et catégorie d'entreprise

Distinction utile, notamment parce que la réforme de la facturation électronique s'y réfère directement pour son calendrier.
  • Microentreprise (au sens statistique) : moins de 10 salariés et moins de 2 M€ de chiffre d'affaires.
  • PME : moins de 250 salariés, et chiffre d'affaires inférieur à 50 M€ ou total de bilan inférieur à 43 M€.
  • ETI : moins de 5 000 salariés, et chiffre d'affaires inférieur à 1,5 Md€ ou bilan inférieur à 2 Md€.
  • Grande entreprise : au-delà.
Une SAS peut donc être une microentreprise au sens statistique, et une SARL peut être une ETI. Les deux notions sont indépendantes.

7. Le résumé, par étape
  • Vous testez, peu de charges, seul : micro-entreprise. Restez-y aussi longtemps que vos charges réelles sont inférieures à l'abattement forfaitaire.
  • Charges réelles significatives, ou besoin de récupérer la TVA sur des investissements : sortez du micro, même très en dessous du plafond.
  • Seul, rémunération régulière : EURL.
  • Seul, peu ou pas de rémunération, dividendes, associés à venir : SASU.
  • À plusieurs, projet fermé et stable : SARL.
  • À plusieurs, croissance, investisseurs, salariés à intéresser : SAS.
  • Cotation, ou besoin d'une gouvernance formelle avec conseil d'administration : SA.
8. Les cinq erreurs les plus courantes
  • Choisir selon le chiffre d'affaires. Le déclencheur est le rapport charges/recettes et le mode de rémunération.
  • Rester en micro par confort. Le régime est fait pour démarrer, pas pour durer. Beaucoup y perdent plusieurs milliers d'euros par an sans le savoir, faute d'avoir fait le calcul une seule fois.
  • Créer une société trop tôt "pour faire sérieux". Une SASU sans activité, ce sont des frais comptables, des obligations déclaratives et un formalisme, pour zéro bénéfice fiscal.
  • Ne pas libérer intégralement le capital. Perte sèche du taux réduit d'IS.
  • Croire qu'on est enfermé. Passer du micro à une société, transformer une SARL en SAS, créer une holding : tout cela se fait, coûte quelques centaines à quelques milliers d'euros, et se prépare avec son expert-comptable. Le mauvais statut se corrige ; les années passées avec le mauvais statut, non.
Un mot d'expérience

Je gère une SARL depuis 2007 et une seconde structure en parallèle. Ce que je retiens après ces années : la question du statut occupe énormément les créateurs avant le lancement, et devient secondaire une fois l'activité démarrée. Les décisions qui ont réellement compté n'étaient pas juridiques — c'était le choix des clients, la maîtrise des coûts fixes et la régularité du travail. Le statut est un contenant : il doit être adapté, mais il ne fabrique rien.

Deuxième enseignement, plus concret : un bon expert-comptable coûte quelques milliers d'euros par an et fait gagner davantage, ne serait-ce qu'en évitant les erreurs décrites plus haut. C'est le seul poste sur lequel je conseillerais à un dirigeant de ne pas chercher l'économie.

Pour la discussion

Deux questions à ceux qui ont franchi une étape : à quel moment avez-vous basculé du micro vers une société, et avec le recul, était-ce trop tôt ou trop tard ? Ma conviction est que la grande majorité bascule trop tard, par crainte de la complexité, mais je serais curieux de lire des contre-exemples.

Et pour ceux qui ont créé une holding : dans quelle situation cela s'est-il révélé réellement utile ? C'est le sujet sur lequel circule le plus d'informations approximatives, et un retour concret vaudrait mieux que dix articles.
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