Page 3 sur 3

Re: robot de trading automatique FAPTURBO

Publié : 02 mai 2015, 18:01
par 4b4z
@ DREAMFAB, pour l'instant je n'ai plus besoin de FAPTURBO 2, si tu veux je te le prête quelque temps. :lol: :lol: :lol:

Sinon on peut s'attendre à de nouveau margoullin, qui vont tenté de le revendre sous un notre nom; comme d'habitude.

Re: robot de trading automatique FAPTURBO

Publié : 05 mai 2015, 19:04
par Fabien Labrousse
elYsYum a écrit :Tous ca c'est du fapfapfap... (Fap etant l'onomatopée en anglais du bruit de la masturbation)
Ba à l'époque je conaissai des mecs qui me disaient faire de l'argent avec ce robot.
4b4z a écrit :@ DREAMFAB, pour l'instant je n'ai plus besoin de FAPTURBO 2, si tu veux je te le prête quelque temps.
C'est gentil mais je ne vais pas avoir le temps de le tester et de faire un suivi. Du coup ça a donné quoi le temps que tu l'as testé?

Re: robot de trading automatique FAPTURBO

Publié : 21 sept. 2015, 01:33
par eromawyn
Fabien LABROUSSE a écrit :
Fichiers attachés Fichiers attachés
Type de fichier : pdf FAP Turbo Settings Guide.pdf (749,0 Ko, 116 affichages)
Type de fichier : ex4 FapTurbo50.ex4 (123,0 Ko, 87 affichages)
Type de fichier : ex4 fapturbo3.dll.ex4 (4,0 Ko, 68 affichages)
Type de fichier : ex4 fapturbo.dll.ex4 (4,0 Ko, 70 affichages)
Type de fichier : mq4 FapTurbo50.mq4 (138,1 Ko, 104 affichages)
Alors, là, je dis bravo, c'est une version pirate ! Et une mauvaise en plus, ils simulent la DLL (qui contient une partie de la logique) mais te filent pas le code source la DLL !

D'une part, les robots commerciaux ne fournissent pas leur code source ! (le fichier mq4). D'autre part, il sont à la version 56, si pas 58 ou plus ; même en 2013 la version 50 était outdatée (et l'update est gratos pour ceux qui ont acheté une licence officielle).

Sinon pour FapTurbo, je n'ai pas testé personellement, mais il faut savoir qu'il a arrêté de fonctionner quand les market-makers en ont eu marre d'avoir des clients perdants, et chez les brokers DMA, entre mi-2010 et mi-2011 (selon la paire et le broker). Cela dit, j'ai entendu la rumeur qu'il se remet à fonctionner à l'exception de la paire USDCAD, mais moins efficacement qu'avant, depuis grossièrement 2013.

Il faut se méfier de ce genre de robots qui gagnent souvent quelques pips à peine (genre 90% de trades winners), donc on croit avoir trouvé le saint-grall, mais quand on touche le stop-loss (30 pips ou plus), autant dire que le drawdown fait mal et efface genre 2 mois de trades gagnants !

De plus, il faut backtester ce genre de robots avec des tick-data, et le vrai spread (tout le monde sait qu'il marche aux pires heures point de vu spread), autrement dit il faut la "Tickdata Suite", payante (+une version récente (payante) de Tickstory si on veux pas se faire chier à générer le FXT avec le spread).

Bref, ça peut marcher, mais méfiez-vous. Pour ma part, tant que je n'aurais pas retrouvé mon gros PC à backtests en ticks, j'y touche pas.

Re: robot de trading automatique FAPTURBO

Publié : 21 sept. 2015, 08:46
par Marc RAFFARD
eromawyn a écrit : les market-makers en ont eu marre d'avoir des clients perdants
Tu veux peut-etre dire des client gagnants !
Qui sont donc effectivement générateur de perte pour le Market Maker ...

Il faudrait tester FapTurbo avec JFD Brokers par exemple !
Maintenant, je crois pas qu'un tel robot puisse donner de bons résultats dans le temps ...

Re: robot de trading automatique FAPTURBO

Publié : 21 sept. 2015, 14:44
par eromawyn
Je parlais de clients perdants pour le market-maker (donc gagnants pour eux-mêmes), enfin on se comprends...

Onze ans après : ce que ce fil nous a appris, et pourquoi il reste d'actualité

Publié : 04 mars 2025, 13:40
par xvilain
Je relis ce fil en 2026 et il n'a pas pris une ride — pas parce que FapTurbo serait encore un sujet, mais parce que le schéma qu'il décrit s'est reproduit à l'identique une dizaine de fois depuis. Les messages #53 à #55 d'eromawyn et de Marc contenaient déjà l'essentiel de l'explication. Ça vaut la peine de la dérouler complètement, parce que c'est valable pour n'importe quel robot commercial, hier comme aujourd'hui.

1. Pourquoi ce type de robot cesse toujours de fonctionner

FapTurbo appartenait à une famille très précise : les scalpeurs de session asiatique, qui prennent quelques pips en pariant sur le retour à la moyenne dans les heures creuses. Leur performance ne venait pas d'une lecture du marché, mais de l'exploitation d'imperfections dans la façon dont certains courtiers cotaient la nuit.

Quatre choses ont tué cette famille, et elles n'ont rien à voir entre elles :
  • Les courtiers ont resserré leur exécution. Délais d'exécution, distances minimales de stop, élargissement des spreads nocturnes, refus de remplir aux prix obsolètes. Le débat entre eromawyn et Marc portait sur les mots, mais tous les deux disaient la même chose : quand une population de clients gagne systématiquement à cause d'une faille de cotation, la faille se referme. Elle se referme toujours.
  • Le spread nocturne a augmenté. Une stratégie qui vise 6 pips avec un spread de 1,5 pip meurt le jour où le spread passe à 4. Il n'y a rien de mystérieux : le coût a doublé, l'espérance est devenue négative, et le robot a continué à faire exactement ce pour quoi il avait été programmé.
  • Le régime de marché a changé. Ces systèmes sont nés dans un contexte de volatilité nocturne faible et régulière. Ce contexte a disparu.
  • Et il y avait sans doute, dès l'origine, une part de sur-optimisation. Un système calibré sur quelques années de données finit toujours par trouver les paramètres qui décrivent le passé. Ce n'est pas de la malhonnêteté, c'est le fonctionnement normal d'une optimisation qu'on ne contraint pas.
2. Le vrai sujet du fil, c'était le backtest — et eromawyn avait raison

Son message #53 est le plus important de la discussion, et c'est celui sur lequel il faut insister aujourd'hui.

Un scalpeur qui vise quelques pips ne peut pas être évalué avec un backtest classique. Sur un système qui vise 200 pips, une erreur d'un pip sur le coût est du bruit. Sur un système qui vise 6 pips, cette même erreur représente 17 % de l'objectif : elle décide seule si la courbe monte ou descend. Autrement dit, plus l'objectif est petit, plus le backtest doit être précis — et c'est exactement l'inverse de ce que fait le testeur par défaut.

Quatre exigences minimales, hier comme aujourd'hui :
  • Des données au tick réel, pas des barres d'une minute interpolées. La fameuse "qualité de modélisation 90 %" affichée par le testeur MT4 signifie qu'on a inventé ce qui se passait à l'intérieur des barres. Sur du scalping, c'est disqualifiant.
  • Un spread variable et réaliste, incluant les élargissements nocturnes et ceux qui suivent les publications statistiques. Un test à spread fixe sur ce type de robot n'a aucune valeur.
  • Les commissions et un modèle de slippage.
  • Et surtout : un test hors échantillon, sur des données que l'optimisation n'a jamais vues.
La bonne nouvelle par rapport à 2015, c'est que MT5 permet de récupérer les ticks réels du courtier directement dans le testeur, sans passer par des outils tiers payants. La mauvaise, c'est que la quasi-totalité des vendeurs d'EA continue à publier des courbes issues de tests à spread fixe sur données interpolées. Le premier réflexe devant n'importe quel rapport de backtest devrait donc être de chercher la ligne "qualité de modélisation" et la méthode de spread. Dans neuf cas sur dix, la lecture s'arrête là.

3. Le profil de risque, qui est le cœur du problème

eromawyn le résumait parfaitement : environ 90 % de trades gagnants de quelques pips, et un stop de 30 pips ou plus qui efface deux mois de gains.

Ce n'est pas un défaut du produit, c'est sa nature. Un taux de réussite élevé s'achète toujours en asymétrie : on gagne souvent peu et on perd rarement beaucoup. Ce profil crée exactement la sensation recherchée par l'acheteur — une courbe de capital lisse, une régularité rassurante, une impression de maîtrise — et il masque le fait que l'espérance peut être négative.

Le calcul est immédiat : avec 90 % de gagnants à 6 pips et 10 % de perdants à 30 pips, l'espérance est de 0,9 × 6 − 0,1 × 30 = 2,4 pips par trade avant coûts. Ajoutez 1,5 pip de spread par aller-retour et il reste 0,9. Portez le spread à 3 pips et l'espérance devient négative, sans que rien d'autre n'ait changé. Voilà, en une ligne, l'histoire complète de FapTurbo et de tous ses cousins.

C'est aussi la raison pour laquelle le taux de réussite est la statistique la plus vendue et la moins informative qui soit. La question à poser à un vendeur d'EA n'est jamais "combien de trades gagnants ?", mais "quelle est la pire perte, et quel est le rapport entre le gain moyen et la perte moyenne ?"

4. Ce qui était réellement vendu

Il faut aussi regarder le modèle économique, parce qu'il explique la durée de vie du produit.

Ces robots étaient distribués via des plateformes d'affiliation, avec des commissions généreuses pour les revendeurs et une garantie de remboursement de 60 jours. Cette structure a une conséquence mécanique : le produit n'a besoin de fonctionner que soixante jours, le temps que la fenêtre de remboursement se referme. La performance réelle sur trois ans n'entre pas dans le modèle. Et quand la marque s'use, on relance sous un autre nom — ce que 4b4z avait parfaitement anticipé dès le message #51.

Détail révélateur : la version suivante du produit a été relancée quelques années plus tard en surfant sur le Bitcoin. Un robot conçu pour scalper des paires de devises la nuit ne devient pas magiquement un robot crypto ; en revanche, un tunnel de vente se recycle très bien. Quand un produit change de marché sous-jacent en gardant le même nom, ce n'est pas la stratégie qui a évolué, c'est l'argument commercial.

5. Sur les versions piratées, une mise en garde qui vaut toujours

eromawyn signalait dans le #53 que la version circulant dans ce fil était une copie avec DLL simulée. Deux remarques qui restent valables :
  • Une partie de la logique était dans la DLL. Une DLL réécrite donne donc un robot qui n'est pas le robot testé, et dont les résultats ne signifient rien — ni en bien ni en mal.
  • Plus sérieusement : un binaire d'origine inconnue, exécuté sur la machine qui héberge votre terminal de trading, avec des droits d'écriture et un accès réseau, c'est un risque de sécurité que personne ne devrait accepter. Les vols d'identifiants via des EA "gratuits" sont une réalité documentée depuis des années.
6. Où est passée cette famille en 2026

Elle n'a pas disparu, elle a changé de vitrine. Le schéma est rigoureusement identique, seul le vocabulaire a été rafraîchi :
  • les "bots à intelligence artificielle" et les signaux Telegram ;
  • les EA vendus spécifiquement aux candidats de prop firms, avec la promesse de passer le challenge — le profil de risque étant justement le pire possible pour une règle de perte journalière maximale ;
  • le copy trading et les portefeuilles à suivre, où l'on ne voit que les comptes survivants ;
  • et les grilles et martingales, éternelles, qui produisent la plus belle courbe du monde jusqu'au jour où elles n'en produisent plus du tout.
Ajoutons un élément de contexte technique : MetaQuotes ne délivre plus de nouvelles licences MT4 depuis plusieurs années, et l'écosystème bascule progressivement vers MT5 et d'autres plateformes. Une bonne partie du catalogue d'EA commerciaux vendus aujourd'hui tourne encore sur une plateforme en fin de vie.

7. La grille de lecture, pour n'importe quel EA commercial
  • Exiger un historique réel vérifiable par un tiers indépendant, sur au moins deux ans, avec le détail des trades — pas une capture d'écran ni une courbe.
  • Regarder le rapport gain moyen / perte moyenne avant le taux de réussite.
  • Vérifier la méthode de backtest : ticks réels, spread variable, commissions, hors échantillon.
  • Se demander à quoi ressemble le pire scénario, pas le scénario moyen. Un robot sans stop, ou avec un stop très éloigné, est un robot dont vous ne connaissez pas la perte maximale.
  • Regarder le modèle économique : si le vendeur gagne plus à recruter des affiliés qu'à faire tourner sa stratégie sur son propre argent, la réponse est dans la question.
  • Et le test le plus simple de tous : demander la performance des douze derniers mois, pas celle de la période de lancement. La réponse, ou l'absence de réponse, suffit presque toujours.
Pour conclure

Ce fil est un excellent document d'archive, et pas seulement pour la valeur comique du nom du produit. Il montre une communauté qui, dès 2015, avait identifié les bons critères : profil de risque asymétrique, backtests non réalistes, dépendance aux conditions d'exécution du courtier, marketing en cascade. Onze ans plus tard, ces quatre critères suffisent encore à évaluer 95 % de ce qui se vend.

Une question aux anciens du forum qui ont traversé cette époque : parmi tous les EA commerciaux que vous avez testés, y en a-t-il un seul qui ait tenu plus de deux ans en réel ? Je pose la question sans ironie, parce que je n'en connais pas — mais je serais très intéressé d'être détrompé, avec les chiffres à l'appui.