Prop Firm / Prop Trading - FTMO / Topstep / Apex...

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Fabien Labrousse
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Re: Prop Firm / Prop Trading - FTMO / Topstep / Apex...

#1026 Message par Fabien Labrousse »

Bravo Phil !

C'est ton deuxième payout donc ?

Combien as-tu investi au total ? Et combien as-tu retiré ? (le solde net)

C'est intéressant, merci :idea:


Ps: depuis plusieurs jours nous travaillons sur la mise à jour du forum, qui entraîne des bugs temporaires. En avez-vous rencontré ? Si oui, pouvez-vous me les décrire ? Merci !
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phil nfp
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Re: Prop Firm / Prop Trading - FTMO / Topstep / Apex...

#1027 Message par phil nfp »

Fabien LABROUSSE a écrit : 19 mai 2026, 23:31 Bravo Phil !

C'est ton deuxième payout donc ?

Combien as-tu investi au total ? Et combien as-tu retiré ? (le solde net)

C'est intéressant, merci :idea:


Ps: depuis plusieurs jours nous travaillons sur la mise à jour du forum, qui entraîne des bugs temporaires. En avez-vous rencontré ? Si oui, pouvez-vous me les décrire ? Merci !
2eme payout sur mon premier compte APEX 70 $ investie pour deja 2000 de gain

phil nfp
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Re: Prop Firm / Prop Trading - FTMO / Topstep / Apex...

#1028 Message par phil nfp »

éval + activation PA 70 $



Calcul précis de ton ROI :Payouts reçus : 1 500 +500+ 500+ 500
= 2 000 $
Coût total (éval + activation PA) : 70 $
Gains nets : 2 000 −70- 70- 70
= 1 930 $

ROI = (Gains nets / Investissement initial) × 100ROI = (1 930 / 70) × 100 ≈ +2 757 %C’est un ROI exceptionnel

phil nfp
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Re: Prop Firm / Prop Trading - FTMO / Topstep / Apex...

#1029 Message par phil nfp »

10.png

phil nfp
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Re: Prop Firm / Prop Trading - FTMO / Topstep / Apex...

#1030 Message par phil nfp »

Screenshot (11).png
premier payout sur mon 2 eme compte Apex ( 3 au total chez Apex)

phil nfp
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Re: Prop Firm / Prop Trading - FTMO / Topstep / Apex...

#1031 Message par phil nfp »

onde de choc majeure alors qu'Alpha Futures traverse un effondrement total. Dans une annonce soudaine, NinjaTrader et Tradovate ont officiellement rompu leurs liens avec la société, la privant ainsi de l'accès aux deux plus grandes plateformes de trading du secteur. La colère gronde sur X (Twitter), car Alpha Futures ne s'est pas contenté de changer de plateforme : l'entreprise a purement et simplement supprimé son offre phare, le plan « Premium ». Pire encore, la société a annoncé que tous les paiements en attente ou non versés liés au plan Premium seraient convertis en simples remboursements du coût initial du compte. Pour les traders qui attendaient des milliers de dollars de bénéfices réels, se réveiller avec un remboursement de quelques centaines de dollars seulement a suscité de vives accusations d'arnaque rétroactive (type « rug pull »).

Jerryvof
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Prop firms : regardons le business model en face, sans naïveté ni rejet de principe

#1032 Message par Jerryvof »

Bonjour à tous,

Je participe à cette file parce que le sujet mérite mieux que les deux positions caricaturales qu'on croise partout : d'un côté « c'est une arnaque totale », de l'autre « c'est le raccourci vers la liberté financière ». La réalité est plus intéressante, et surtout plus utile à comprendre avant de sortir sa carte bleue.

De quoi parle-t-on exactement

Il faut d'abord lever une ambiguïté que le marketing entretient soigneusement. Le terme « prop firm » (proprietary trading firm) désigne historiquement des sociétés qui font trader leur propre capital par des traders salariés ou associés — les vraies, celles des salles de marché. Ce dont on parle sur les forums, ce sont pour l'essentiel des sociétés de challenge d'évaluation, un modèle apparu récemment et très différent.

Le principe est connu : vous payez des frais d'inscription pour passer une évaluation sur compte de démonstration, avec un objectif de gain à atteindre sans dépasser certaines limites de perte. Si vous réussissez, on vous confie un compte « financé » dont vous touchez une part des profits.

La question qui fâche : d'où vient l'argent

C'est le point central, et celui qu'on esquive le plus souvent. Deux modèles économiques coexistent, et ils ne sont pas équivalents :
  • Le modèle « frais de challenge » : la firme se rémunère principalement sur les frais d'évaluation des candidats qui échouent. Statistiquement, une large majorité échoue. Dans ce cas, votre gain potentiel est financé par les échecs des autres candidats — et les vôtres, à chaque nouvelle tentative. Ce n'est pas illégal, mais il faut le nommer : le produit vendu n'est pas « du capital à trader », c'est « un examen payant ».
  • Le modèle « exécution réelle » : certaines firmes routent réellement les meilleurs traders vers du capital réel et se rémunèrent sur la performance. Là, l'intérêt de la firme est aligné avec le vôtre : elle gagne quand vous gagnez.

Le problème, c'est que de l'extérieur, on ne sait presque jamais dans quel modèle on se trouve. Beaucoup de comptes « financés » restent en réalité des comptes de démonstration, la firme couvrant elle-même les rares gains à payer sur ses revenus de frais. Tant que les payouts sont marginaux face au flux d'inscriptions, le modèle tourne. C'est un point qu'un candidat lucide doit intégrer.

Ce que le marketing exploite

Le discours commercial de ce secteur est remarquablement bien construit, et il joue sur des ressorts précis :
  • Le déplacement du problème : le vrai obstacle du trader particulier n'a jamais été le manque de capital, c'est le manque d'edge. Le marketing des prop firms inverse habilement ça : « tu es bon, il te manque juste les fonds ». C'est flatteur et faux dans la majorité des cas.
  • La gratification de l'évaluation : réussir un challenge procure un sentiment de validation. Mais réussir un examen sur quelques semaines ne prouve pas qu'on a un système rentable sur la durée — ça peut n'être que le bon côté de la variance.
  • Le coût faible à l'unité : quelques dizaines ou centaines d'euros par tentative, ça paraît indolore. Multiplié par les tentatives répétées après échec, l'addition grimpe — et c'est exactement le comportement sur lequel repose une partie du chiffre d'affaires.
  • Les success stories : biais du survivant à l'état pur. On montre les payouts, jamais le dénominateur, c'est-à-dire les milliers de comptes cramés en face.

Les pièges concrets, côté règles

Au-delà du modèle, les conditions elles-mêmes méritent une lecture attentive avant tout engagement :
  • Les règles de drawdown : perte maximale journalière et globale, souvent calculées sur des bases (equity vs balance, intraday vs clôture) qui piègent le candidat inattentif. Beaucoup d'éliminations viennent d'une mauvaise compréhension de la règle, pas du trading.
  • Les interdictions déguisées : news trading interdit, temps de détention minimal, cohérence exigée entre les trades… autant de clauses qui peuvent servir à invalider un compte gagnant au moment du retrait.
  • Les délais et conditions de payout : c'est au moment de retirer l'argent que se révèle la vraie nature d'une firme. Les retours d'expérience sur les refus ou blocages de payout sont l'information la plus précieuse — bien plus que les promesses affichées.
  • La pérennité de la firme : le secteur a connu des fermetures brutales, des changements rétroactifs de règles, des acteurs qui disparaissent avec les comptes. La solidité et l'ancienneté comptent autant que les conditions.

Le profil de trader que ça attire

Sans jugement, mais avec lucidité : le modèle capte souvent des traders en manque de capital et en manque d'edge confirmé, ce qui est la combinaison la plus vulnérable au marketing. Quelqu'un qui a réellement un système rentable et validé hors échantillon a généralement d'autres options, et n'a pas besoin de payer des frais récurrents pour le prouver à un tiers.

Le paradoxe : les prop firms sont probablement plus utiles aux traders qui en ont le moins besoin — ceux déjà rentables, pour qui elles offrent un vrai levier de capital sans risquer leur propre argent.

Pour être juste : ce que ça peut réellement apporter

Je ne veux pas être totalement à charge, parce qu'il y a des usages défendables :
  • La discipline imposée : les règles strictes de gestion du risque forcent une rigueur que beaucoup n'appliquent jamais sur leur compte perso. Pour certains, le challenge est un excellent révélateur — au sens photographique — de leur indiscipline.
  • Le test à moindre coût psychologique : risquer les frais d'un challenge plutôt que plusieurs milliers d'euros de capital propre peut être un calcul rationnel pour qui veut se confronter à des contraintes réelles.
  • Le levier pour les déjà-rentables : évoqué plus haut, c'est le cas d'usage le plus sain.

Mes questions à la communauté
  • Pour ceux qui ont été « financés » : avez-vous obtenu des payouts réels, dans quels délais, et sans friction au moment du retrait ? C'est le seul test qui vaille.
  • Combien de tentatives (et donc de frais cumulés) avant un éventuel succès ? Le coût total honnête m'intéresse plus que le coût affiché d'un challenge.
  • Ceux qui ont renoncé : qu'est-ce qui a fait basculer votre décision — les règles, les payouts, le modèle lui-même ?

Ma position, pour lancer le débat : ce n'est ni une arnaque généralisée ni une opportunité miracle. C'est un produit, vendu avec un marketing habile, qui rend un service réel à une minorité de traders déjà compétents et qui monétise l'illusion d'une majorité qui ne l'est pas encore. Savoir dans quelle catégorie on se trouve avant de payer, c'est déjà 90 % de la lucidité nécessaire.

Vos retours concrets — surtout les mauvais, on les lit trop rarement — sont les bienvenus.

Gordantit

Re: Prop Firm / Prop Trading - FTMO / Topstep / Apex...

#1033 Message par Gordantit »

Bravo à @phil nfp pour ces chiffres impressionnants ! Faire plus de +2 700 % de ROI sur 70 $ investis (et enchaîner sur un 2ème compte Apex), c'est la preuve par l'exemple que certains arrivent parfaitement à exploiter le système et à extraire du cash. Chapeau pour la régularité.

Et en même temps, le post de @Jerryvof remet une bonne dose de lucidité qui fait du bien au débat. L'actualité récente avec Alpha Futures (rupture avec NinjaTrader/Tradovate, annulation des payouts Premium transformés en simples remboursements de frais) illustre pile le risque soulevé : l'instabilité du modèle et le risque de contrepartie.

Pour enrichir le débat, je me demande si la véritable clé en 2026 ne réside pas dans la diversification des firmes :
1. @phil nfp : Est-ce que le drame d'Alpha Futures t'incite à sortir plus fréquemment tes profits ou à te diversifier sur d'autres acteurs qu'Apex, au cas où les règles ou les partenariats courtiers changent du jour au lendemain ?
2. Pour ceux qui réussissent comme Phil, appliquez-vous une règle stricte du type "100 % des premiers payouts réinvestis sur un compte perso (IBKR, IG, etc.)" pour construire sa propre indépendance à terme ?

Le modèle reste un super tremplin/levier (comme le montre Phil), mais l'affaire Alpha Futures rappelle brutalement qu'on trade chez quelqu'un d'autre et selon ses règles évolutives.

StuartVesee
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Prop Firms vs Capital Propre : Le piège du "Règlement des Règles" en 2026 ?

#1034 Message par StuartVesee »

Bonjour à tous,

Ces dernières années, l'essor des Proprietary Trading Firms (FTMO, Topstep, etc.) a profondément transformé le paysage du trading retail. L'idée d'accéder à 50 000 $ou 100 000$ de capital sans risquer ses propres économies en a séduit plus d'un.

Mais après plusieurs années de recul et des conditions d'évaluation qui évoluent sans cesse, une question se pose :

Est-il devenus plus difficile de réussir un challenge de Prop Firm que de faire fructifier son propre capital ?

Voici quelques éléments de réflexion sur le sujet pour lancer la discussion.

1. Le modèle économique réel des Prop Firms
  • Le Daily Drawdown (Drawdown Max Quotidien) :Calculé souvent en equity (fonds propres flottants) et non en solde fermé, il pousse le trader à couper ses positions au pire moment ou sur de simples mèches de volatilité.
  • Le Trailing Drawdown : Le niveau de perte maximale toléré monte avec vos gains, mais ne descend jamais. C'est l'un des mécanismes mathématiques les plus redoutables pour bloquer les comptes en bénéfice.
  • Les frais d'évaluation (Challenge Fees) : Pour beaucoup d'acteurs de l'industrie, le modèle repose davange sur la vente répétée de frais d'inscription (fees) que sur le partage des profits réels générés sur les marchés.
2. Comparatif rapide : Prop Firm vs Broker Classique

3. Comment aborder les Prop Firms intelligemment ?

Si vous choisissez ce chemin, voici trois règles d'or :
  • Adaptez votre Risk Management aux règles, pas au marché : Votre objectif n'est pas de battre le marché, mais de ne pas toucher les limites statistiques imposées par la firme. Risquez rarement plus de 0,25 % à 0,5 % du capital théorique par trade.
  • Considérez le prix du challenge comme votre risque maximal : Si vous échouez, vous ne perdez que les frais d'entrée. C'est l'unique avantage structurel.
  • Utilisez-les comme un tremplin : Retirez vos premiers gains pour constituer votre propre capital chez un broker régulé, plutôt que de tout réinvestir dans de nouveaux challenges.
Et vous, quelle est votre expérience avec les Prop Firms ?
Avez-vous réussi à conserver un compte financé sur le long terme, ou préférez-vous la liberté totale d'un compte personnel ?

Au plaisir de lire vos retours !

ThomasNog

Top 5 des Prop Firms les plus fiables pour du trading sur le long terme

#1035 Message par ThomasNog »

Bonjour à tous,

Face à la multiplication des prop firms ces dernières années, le vrai défi pour un trader n'est pas seulement de valider un challenge, mais de s'assurer que la société en face soit solide financièrement, transparente sur ses règles et irréprochable sur les retraits (payouts).

Voici une sélection des 5 firmes d'évaluation les plus établies et reconnues par la communauté pour leur sérieux :

1. FTMO (La référence historique - Forex / CFDs)
  • Points forts : Réputation irréprochable depuis 2015, interface ultra-pro, aucun historique de refus de paiement abusif.
  • Profil : Pour ceux qui recherchent la sécurité absolue d'un géant du secteur, avec un objectif de 10 % (Phase 1) et 5 % (Phase 2).
  • Contraintes : Règles assez strictes (holding le week-end et trading d'annonces restreints sur les comptes classiques, sauf option Swing).


2. Topstep (Le leader incontesté sur les Futures CME)
  • Points forts : Ancienneté (pionnier du secteur Chicago), régulé par l'écosystème Futures US, 100 % des 10 000 premiers dollars de gains conservés par le trader.
  • Profil : Indispensable pour les traders d'indices et de matières premières sur marché régulé (Order Flow, Bookmap, Sierra Chart, NinjaTrader).
  • Contraintes : Clôture obligatoire de toutes les positions avant la fermeture quotidienne du marché.
3. The 5%ers (L'alternative solide & Scaling structuré)
  • Points forts : Société très stable, axée sur les profils swing et la gestion de risque long terme, avec un programme d'augmentation de capital (scaling) parmi les plus agressifs du marché.
  • Profil : Idéal pour les traders conservateurs qui cherchent à monter progressivement en capital sans subir de pression de temps.
  • Contraintes : Levier souvent plus faible que chez la concurrence pour imposer un contrôle du risque strict.
4. Apex Trader Funding (Le spécialiste du volume sur Futures)
  • Points forts : Possibilité de gérer jusqu'à 20 comptes en parallèle (via copy trading), promotions très fréquentes sur les évaluations.
  • Profil : Très prisé des day traders et scalpeurs sur Futures souhaitant maximiser l'effet de levier et l'échelle de leurs gains.
  • Contraintes : Le système de Trailing Drawdown (qui suit l'équité en temps réel et non le solde clôturé) demande une gestion du risque très spécifique.
5. FundedNext (L'innovation et la flexibilité des paiements)
  • Points forts : Engagement de paiement rapide, absence de règle de cohérence stricte sur certains modèles, et intégration de plateformes modernes.
  • Profil : Excellent pour ceux qui cherchent des conditions souples sur Forex/CFDs tout en conservant une firme qui paie régulièrement.
  • Contraintes : Moins d'ancienneté que FTMO ou Topstep.
Quelques questions pour échanger ensemble :

Sur quels critères priorisez-vous le choix d'une prop firm : la réputation/ancienneté, les règles de drawdown, ou les tarifs des challenges ?

Pour ceux qui ont validé des comptes, quel est votre retour d'expérience sur la vitesse d'exécution et le traitement des retraits (payouts) chez ces acteurs ?

Êtes-vous plutôt axés sur les marchés régulés (Futures US) ou sur les CFDs/Forex ?

Au plaisir de lire vos retours et recommandations !

JosephTot

Prop Firms : L'addiction aux évaluations, les dérives du modèle et la réalité de la carte bleue

#1036 Message par JosephTot »

Bonjour à tous,

Il y a un sujet dont on parle peu, étouffé par le marketing agressif des réseaux sociaux : l'addiction au réachat de comptes d'évaluation chez les Prop Firms (reset / challenge stacking).

Si les Prop Firms ont démocratisé l'accès au marché pour les traders manquant de capital, elles ont également donné naissance à une dérive comportementale qui ressemble à s'y méprendre aux dynamiques du jeu d'argent (gambling).

1. La spirale de la carte bleue : Le "Reset Syndrome"

Sur les forums et réseaux sociaux, le constat est frappant : des dizaines de traders particuliers dépensent chaque mois 200 €, 500 € ou parfois plus de 1 000 € en frais de souscription, "resets" et nouveaux tests pour tenter de décrocher un compte financé.
  • Le piège de la petite somme : Payer 30 $ ou 100 $ pour un compte de 50 000 $ ou 150 000 $ semble être une affaire incroyable. Le biais cognitif minimise le coût d'entrée.
  • Le comportement de réachat impulsif : Après avoir grillé un compte en 10 minutes sur un mouvement impulsif du NQ, le trader clique instantanément sur "Reset" ou rachète un test. On n'est plus dans une démarche commerciale de trading, mais dans le revenge trading financé par carte bancaire.
  • Le coût cumulé réel : Au bout d'un an, beaucoup de traders ont dépensé l'équivalent d'un vrai capital de départ en simples frais de dossier... sans jamais avoir retiré le moindre dollar de profit (payout).
2. L’ambiguïté du modèle économique des Prop Firms

Il faut comprendre la réalité structurelle de l'industrie pour réaliser contre qui (et contre quoi) on se bat.
  • Où se font les profits de la Prop Firm ? Contrairement au discours officiel ("nous cherchons des talents pour leur confier notre propre capital"), la majorité des Prop Firms dites Retail tirent l'immense majorité de leurs revenus des frais d'évaluation et des resets payés par les perdants.
  • L'environnement démo (B-Book interne) : Même après avoir réussi le test, une grande partie des comptes dits "financés" ou "PRO" tournent toujours sur des serveurs démo simulés. La firme paye les raretés de payouts gagnants grâce à la masse des frais récoltés auprès des traders éliminés.
  • Des règles conçues pour l'échec : Le Trailing Drawdown calculé au tick près (qui remonte avec le plus haut intra-trade même non clôturé), les limites de perte journalière ultra-serrées et l'interdiction d'invalidation pendant les news sont des règles mathématiquement orientées pour provoquer la faute sous pression émotionnelle.
3. Comment sortir de cet engrenage ?
  • Fixer un budget "Challenge" strict : Si vous utilisez des Prop Firms, définissez un plafond mensuel non négociable (ex: 1 seul test par mois). Si le compte est perdu, l'évaluation s'arrête jusqu'au mois suivant.
  • Faire le bilan comptable réel : Calculez au dollar près ce que vous avez dépensé en frais de Prop Firms sur les 12 derniers mois et comparez ce chiffre à la somme totale de vos retraits réels (*payouts* sur votre compte bancaire).
  • Traiter l'évaluation comme un vrai capital personnel : Si votre plan de trading ne vous autorise pas à prendre 5 lots NQ sur votre propre compte, ne les prenez pas sur un compte Prop Firm sous prétexte que "ce n'est qu'un test".
Quel est votre constat sur ce phénomène ? Avez-vous déjà constaté cette tentation du "reset automatique" chez vous ou dans votre entourage ?

Latsog
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Prop firms : pricer correctement un challenge et stratégie multi-comptes

#1037 Message par Latsog »

Bonjour à tous,

Je reviens sur cette file avec un angle plus opérationnel que le précédent message. On y avait posé le décor du modèle économique ; je voudrais cette fois entrer dans deux questions très concrètes qu'on lit rarement traitées sérieusement : combien coûte réellement une inscription, et ce que produit vraiment le fait de multiplier les comptes.


1. Un challenge, ce n'est pas du capital : c'est une option achetée sur votre propre performance

C'est le cadre mental qui, à mon avis, clarifie le mieux le sujet. Vous payez une prime (les frais), vous obtenez un droit conditionnel sur une part de gains futurs, et ce droit s'éteint si vous touchez une barrière (le drawdown) avant d'atteindre le strike (l'objectif de profit).

Comme toute option, sa valeur dépend de trois choses : votre espérance de gain réelle, la volatilité de votre courbe d'équité, et la géométrie des barrières. Un système à faible volatilité mettra très longtemps à franchir +10 % et sera éliminé par un mauvais jour ; un système à forte volatilité franchira parfois l'objectif mais touchera plus souvent la limite journalière. C'est mathématique, pas moral. Les données 2026 indiquent que 71 % des échecs en phase 1 proviennent d'un dépassement du drawdown journalier — autrement dit, ce n'est presque jamais l'objectif de profit qui élimine, c'est la barrière basse.

Le drawdown trailing (qui suit vos plus hauts d'équité) rend l'option nettement moins favorable que le drawdown fixe calculé sur le capital initial. Deux challenges affichés au même prix, avec le même objectif, peuvent avoir des valeurs très différentes selon ce seul paramètre.


2. Pricer l'inscription : le prix affiché n'est jamais le coût

Le coût réel d'un compte financé, c'est le prix d'une tentative divisé par votre probabilité de réussite, augmenté de tout ce qu'on oublie. Détail des postes :
  • Les tentatives multiples. Les taux de passage 2026 restent situés entre 5 et 10 %, et environ 7 % des acheteurs de challenge touchent un jour un payout. The Funded Trader a publié ses propres chiffres : 1,8 % de payés sur 25 513 comptes. Même en considérant que vous êtes au-dessus de la moyenne, un budget réaliste se raisonne en « frais × nombre attendu de tentatives », jamais en prix unitaire.
  • Les resets. Souvent proposés à prix réduit juste après un échec, au moment précis où l'on est le plus enclin à racheter. C'est un poste de coût, pas une faveur.
  • Les frais d'activation. Chez plusieurs acteurs, réussir l'évaluation ne suffit pas : il faut ensuite payer pour activer le compte financé, ou souscrire un abonnement mensuel qui court tant que vous détenez le compte. Ce montant appartient au coût d'acquisition du payout, pas à une ligne annexe.
  • Le remboursement des frais au premier payout. Réel chez certaines firmes — FTMO rembourse par exemple les 439 € d'un compte 80 000 € au premier payout — mais c'est un remboursement conditionnel. Il se valorise comme une option, pas comme du cash. Dans un calcul honnête, on le pondère par la probabilité d'y arriver, soit une fraction de sa valeur faciale.
  • Les promotions permanentes. Le secteur est en réduction quasi continue. Payer plein tarif n'a pratiquement jamais de sens — et la structure même de ces remises vous renseigne sur les marges du produit.
  • La fiscalité. Poste massivement sous-estimé. En France, un payout n'est pas une plus-value : c'est la rémunération d'une prestation de services, déclarée en BNC, hors flat tax. En micro-BNC, les cotisations sociales sont de 25,6 % du chiffre d'affaires en 2026, avec un abattement forfaitaire de 34 % pour l'imposition. Comptez un prélèvement global de l'ordre de 30 à 40 % selon votre tranche. Un payout brut de 3 000 € n'est pas 3 000 € nets, et les frais de challenge ne sont pas déductibles en micro (l'abattement est censé les couvrir). À vérifier avec un professionnel selon votre situation — le cadre reste flou faute de doctrine BOFiP spécifique.
  • Le coût d'opportunité. Comparez systématiquement le prix d'une évaluation au coût alternatif : la marge réellement nécessaire pour trader la même exposition en micro-futures sur un compte à vous. Sur les petites tailles, l'écart est souvent moins flatteur qu'annoncé pour la prop firm, avec en prime aucun risque de contrepartie et aucune règle arbitraire.

3. Le calcul que presque personne ne fait

Avant d'acheter quoi que ce soit, votre probabilité de passage n'est pas celle du secteur : c'est la vôtre. Et elle est estimable si vous avez un historique de trades.

La méthode : prenez la distribution de vos résultats par trade (ou par jour), rééchantillonnez-la aléatoirement quelques milliers de fois en simulant le parcours d'équité, et comptez la proportion de simulations qui atteignent l'objectif avant de toucher la perte journalière ou le drawdown global. C'est une trentaine de lignes en Python et ça vous donne trois chiffres décisifs : votre p(réussite), la durée médiane, et surtout la sensibilité de tout ça à votre taille de position.

Le résultat est souvent brutal : beaucoup de systèmes rentables sur le long terme ont une probabilité médiocre de passer un challenge, simplement parce que les barrières coupent la queue gauche de leur distribution. Et si vous n'avez pas assez d'historique pour faire tourner cette simulation — c'est déjà la réponse à la question de savoir s'il faut acheter le challenge.


4. La « stratégie multi-comptes » : trois choses très différentes sous un même mot

C'est là que le vocabulaire fait beaucoup de dégâts. Il faut séparer trois usages qui n'ont rien à voir.

a) La diversification du risque de contrepartie — légitime et, à mon sens, la seule justification vraiment solide. Répartir sur plusieurs firmes protège contre ce qui reste le principal risque du secteur : la fermeture brutale, le changement rétroactif de règles, le refus de payout. Vous ne diversifiez pas votre trading, vous diversifiez votre risque juridique et commercial.

b) Le scaling d'un edge déjà validé — défendable, avec une réserve importante. Si vous êtes réellement rentable, plusieurs comptes augmentent la taille totale exploitable. Mais attention à l'illusion d'optique : N comptes exécutant la même stratégie ne constituent pas une diversification. C'est un seul gros compte, avec N fois les frais et N fois la même corrélation. Le jour où votre stratégie prend un mauvais coup, tous les comptes tombent ensemble. À vérifier également : les plafonds de financement cumulé par trader (souvent 2 à 5 comptes maximum), et les clauses de copy trading entre vos propres comptes, très variables d'une firme à l'autre.

c) Le pari divergent sur plusieurs comptes — la version qui circule le plus, et une impasse. L'idée vendue est simple : acheter plusieurs évaluations et prendre des orientations opposées, en pariant que la perte n'est jamais que le prix des frais alors que le gain est le compte financé. Trois raisons de s'arrêter là :
  • C'est contractuellement interdit chez la quasi-totalité des acteurs — hedging inter-comptes, positions opposées, exploitation d'annonces économiques. Le hedging entre comptes (positions opposées sur deux comptes) est généralement prohibé, et certaines firmes exigent que tous vos trades aillent dans le même sens à un instant T, précisément parce que des traders ouvraient des positions contradictoires avant les annonces pour mutualiser gain et perte maximale et fabriquer un profit sans exposition réelle.
  • C'est détectable, et détecté : corrélation des horodatages, empreinte matérielle, KYC, croisement entre comptes. La sanction n'est pas l'échec du challenge, c'est l'invalidation des comptes et la confiscation des gains — au moment du retrait, pas avant.
  • Surtout, l'espérance est structurellement négative. Votre contrepartie écrit les règles, arbitre leur application et contrôle le paiement. Construire un plan dont le seul avantage repose sur l'asymétrie du contrat, face à quelqu'un qui peut résilier ce contrat au motif que vous l'avez violé, ce n'est pas une stratégie : c'est offrir un prétexte parfaitement légitime de ne pas vous payer.

5. Où se situe le vrai gisement d'optimisation des payouts

Par ordre décroissant d'impact réel :
  • Choisir une firme qui paie. Cela pèse plus que tout le reste réuni. Les retours d'expérience datés sur des retraits effectivement encaissés valent mille comparatifs. La FCA impose depuis 2025 aux prop firms de divulguer leurs taux d'échec réels dans leurs communications promotionnelles, et l'AMF tient une liste noire à consulter avant tout engagement.
  • Lire la règle de consistance avant de trader, pas après. Si aucun jour ne peut représenter plus de X % du profit total, alors un système à gains rares et importants est mécaniquement pénalisé, et vous devez continuer à trader après avoir atteint l'objectif pour diluer votre meilleure journée. Cette clause ne s'optimise pas au moment du retrait : elle façonne la manière de trader dès le premier jour.
  • Retirer tôt et souvent. Le solde affiché n'est pas votre argent ; seuls les payouts encaissés le sont. Capitaliser à l'intérieur d'un compte pour « faire un gros retrait » revient à augmenter son exposition à une contrepartie non régulée. Règle simple : ne jamais laisser en profits non retirés plus que ce que vous accepteriez de perdre intégralement.
  • Financer les challenges suivants avec des payouts reçus, jamais avec des profits espérés ni avec de l'épargne. C'est la seule discipline qui empêche la spirale du rachat après échec.
  • Piloter le calendrier fiscal. Si vous approchez du plafond micro-BNC (de l'ordre de 80 000 € de recettes, revalorisé périodiquement — vérifiez le seuil applicable à votre année), l'étalement des encaissements sur deux exercices devient un vrai levier net, souvent supérieur à tout ce que vous gagnerez en optimisation d'exécution.

Ma position

L'optimisation des payouts est à 80 % un travail de lecture de contrat et de sélection de contrepartie, à 15 % un travail de calibration de son système sur la géométrie des barrières, et à 5 % de la technique de trading. C'est l'inverse exact de ce que raconte la littérature disponible sur le sujet — ce qui est logique, puisque l'essentiel de cette littérature est produit ou financé par des gens qui vendent des challenges ou des liens d'affiliation vers ces challenges.

Mes questions à la communauté
  • Ceux qui gèrent plusieurs comptes : quel usage réel en faites-vous — diversification de firmes, scaling d'un système validé, ou autre chose ? Et quel coût total cumulé sur douze mois, frais d'activation et abonnements compris ?
  • Quelqu'un a-t-il fait tourner une simulation de sa propre probabilité de passage sur son historique avant d'acheter ? Le résultat correspondait-il à ce qui s'est passé ensuite ?
  • Sur la fiscalité : comment avez-vous structuré la chose (micro-BNC, société) et avez-vous rencontré des firmes refusant de contractualiser avec une structure ? Les retours concrets m'intéressent, le sujet est mal documenté.
  • Sur la règle de consistance : a-t-elle déjà bloqué ou réduit l'un de vos retraits ? C'est le point sur lequel j'ai le moins de retours de première main.

Rien de ce qui précède n'est un conseil d'investissement, et je n'ai aucune position commerciale sur ce secteur. Les chiffres cités proviennent de données publiées par le secteur lui-même ou par des agrégateurs indépendants ; ils datent vite, vérifiez-les à la source avant toute décision.

JosephTot

Combien de traders dans les prop firms ? Chronologie chiffrée d'un phénomène, de 2015 à aujourd'hui

#1038 Message par JosephTot »

On voit passer des chiffres spectaculaires sur le nombre de "traders financés" dans le monde, et rarement la moindre méthodologie derrière. Ce sujet retrace l'évolution du phénomène depuis ses débuts, avec les chiffres disponibles, leurs sources, leurs contradictions — et surtout ce qu'ils veulent dire une fois qu'on gratte la couche marketing.

Avertissement méthodologique, à lire avant les chiffres

Il faut poser ça d'emblée, sinon tout le reste est trompeur.
  • Aucun régulateur ne recense les prop firms retail. Il n'existe donc aucune statistique officielle sur le nombre de clients de ce secteur.
  • Les chiffres circulant proviennent de trois sources : les firmes elles-mêmes (autodéclaré, non audité), les sites comparateurs (financés à l'affiliation, donc structurellement intéressés à ce que le marché paraisse gros et sain), et des cabinets d'analyse dont la méthodologie est parfois explicitement estimative — l'un d'eux reconnaît estimer les bases de traders à partir des effectifs LinkedIn et de la corrélation avec les dépenses publicitaires.
  • Les seules données solides sont les comptes publiés de la maison mère de FTMO, société tchèque soumise à publication.
Bref : lisez les ordres de grandeur, jamais les décimales. Et méfiez-vous du mot "trader", qui désigne selon les phrases un compte, une personne, un acheteur de challenge ou quelqu'un ayant réellement touché de l'argent. Ce flou n'est pas accidentel.

Autre distinction essentielle, souvent brouillée volontairement : le prop trading institutionnel (Jane Street, Optiver, DRW, Citadel Securities — sociétés qui engagent leur propre capital et salarient des traders) n'a strictement rien à voir avec le "prop trading" retail dont on parle ici, qui vend des évaluations payantes sur comptes simulés. Quand un article annonce un marché de 20 à 28 milliards de dollars, il parle du premier. Le second pèse environ 850 millions de dollars.

Phase 1 — 2012 à 2019 : l'artisanat

Le modèle existe bien avant l'explosion. Topstep est fondée en 2012 sur les futures, Earn2Trade suit, FTMO naît en 2015, The5%ers en 2016. À ce stade, c'est un marché de niche, à faible visibilité, structuré autour d'une promesse assez sobre : payer une évaluation pour accéder à du capital.

Le repère chiffré le plus parlant : en janvier 2020, le volume de recherche mensuel mondial sur "prop firm" est d'environ 880 requêtes. Autant dire rien.

Phase 2 — 2020 à 2023 : l'explosion

Confinements, boom du trading retail, réseaux sociaux, et un modèle économique parfaitement adapté à la publicité en ligne : le décollage est brutal.
  • L'intérêt de recherche pour le prop trading progresse de 1 264 % entre décembre 2015 et avril 2024, contre 240 % pour l'investissement traditionnel sur la même période.
  • Le volume de recherche mensuel mondial passe de 880 en janvier 2020 à environ 49 500 fin 2025, soit une multiplication par plus de cinquante en cinq ans.
  • FTMO déclare avoir intégré 250 000 traders en 2023 et distribué 150 millions de dollars de gains.
  • The Funded Trader revendique 180 000 comptes financés en 2023.
  • MyForexFunds, avant son arrêt, aurait eu 50 000 challenges actifs ; la CFTC évoquera de son côté 310 millions de dollars de frais collectés auprès de plus de 135 000 traders.
L'ordre de grandeur est donc clair : on passe, en trois ans, de quelques dizaines de milliers de clients dans le monde à plusieurs centaines de milliers par firme pour les plus grosses. Le nombre d'opérateurs suit : n'importe qui disposant d'un site, d'un processeur de paiement et d'une licence grise MetaTrader pouvait ouvrir boutique.

Phase 3 — 2024 : le choc, et la première vraie purge

C'est l'année charnière, et le déclencheur n'est pas un régulateur : c'est un éditeur de logiciel.
  • 2 février 2024 : MetaQuotes résilie sans préavis les licences MT4/MT5 de True Forex Funds. Dans les semaines qui suivent, l'éditeur révoque systématiquement les accès de dizaines de prop firms, invoquant l'abus de licences grises, l'exposition réglementaire américaine et des serveurs démo ne générant aucun revenu de licence.
  • 28 mars 2024 : The Funded Trader suspend toutes ses opérations, après suspension par un comparateur pour refus de paiements massifs. Le dirigeant reconnaîtra plus de 2 millions de dollars de paiements refusés sur les seuls mois de janvier et février.
  • 13 mai 2024 : True Forex Funds ferme définitivement pour insolvabilité, laissant environ 300 traders avec quelque 1,2 million de dollars impayés.
  • 24 mai 2024 : SurgeTrader s'arrête à son tour.
  • Bilan : entre 80 et 100 prop firms cessent leur activité entre février 2024 et fin 2025. La part de marché de MetaTrader chez les prop firms chute de 48 % à 24 % en neuf mois, au profit de cTrader, Match-Trader, DXtrade et TradeLocker.
La leçon est structurelle : la plupart des firmes ne se sont pas effondrées pour fraude, mais parce qu'elles reposaient sur une infrastructure louée et sur un modèle où les frais de challenge finançaient les paiements. Quand les inscriptions ralentissent et que les demandes de retrait affluent en même temps, il n'y a plus de coussin. Un observateur résume : la crise a été un test de résistance, et l'industrie l'a raté.

Le cas MyForexFunds, à nuancer

Puisqu'il est cité partout comme la preuve que "tout est une arnaque", il faut être précis. La CFTC, avec la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario, gèle les actifs de la société en septembre 2023 pour fraude. Mais l'affaire a été rejetée avec préjudice en 2025, un magistrat spécial ayant recommandé le classement pour inconduite du parquet, la CFTC s'étant vu reprocher d'avoir dissimulé des éléments à décharge. La firme a annoncé travailler à une reprise et traitait encore, début 2026, des paiements datant de 2023.

Autrement dit : les questions de fond sur les comptes simulés et le conflit d'intérêts restaient légitimes, mais qualifier ce dossier de fraude établie par un régulateur n'est plus exact. C'est le genre de nuance qui disparaît systématiquement des articles à clics.

Phase 4 — 2025-2026 : consolidation et bascule vers les futures

Contre-intuitivement, la purge n'a pas tué le secteur : elle l'a concentré.
  • FTMO publie 329 millions de dollars de chiffre d'affaires en 2024, en hausse de 53 %, pour environ 62,5 millions de résultat net et 211 millions de trésorerie en fin d'exercice. Le groupe déclare plus de 2,3 millions de comptes de trading ouverts en 2024, en hausse de 33 %.
  • En janvier 2025, FTMO rachète le courtier OANDA, adossé à une ligne de crédit de 250 millions de dollars auprès de banques tchèques. Une prop firm retail qui acquiert un courtier régulé : c'est un basculement de nature, pas une simple opération de croissance.
  • Côté futures, Apex Trader Funding revendique plus de 598 millions de dollars de paiements cumulés depuis 2022, soit environ 15,4 millions par mois fin 2025.
  • Les estimations sectorielles pour 2026 convergent autour de : un marché retail d'environ 850 millions de dollars de revenus annuels, en croissance de 45 % sur un an, plus de 2 000 firmes actives, et un top 5 (FTMO, FundedNext, The5%ers, Apex, Topstep) contrôlant environ 62 % du marché.
  • Le mouvement de fond de 2025-2026 est le déplacement du forex vers les futures américains, sous marque CME, avec supervision CFTC/NFA. C'est une recherche de légitimité réglementaire autant qu'un choix technique. Les futures sont désormais la classe d'actifs la plus recherchée par les traders de prop firms.
Alors, combien de traders réellement ?

Voici les chiffres 2026 les plus cités, avec leurs limites.
  • Environ 2,1 millions de "traders financés" actifs et 12 millions de challenges achetés, selon une analyse sectorielle. Notez au passage que ces deux chiffres ne sont pas cohérents avec un taux de réussite de 5 à 14 % : ils ne mesurent probablement ni la même population ni la même période. C'est révélateur de l'état des données disponibles.
  • Entre 5 % et 14 % des challenges achetés débouchent sur un compte financé.
  • Environ 7 % de l'ensemble des acheteurs touchent un jour un paiement.
  • L'étude la plus sérieuse disponible porte sur plus de 300 000 comptes appartenant à 100 000 traders répartis sur 10 firmes : 14 % passent le challenge, 45 % des traders financés atteignent un paiement, et le paiement moyen représente environ 4 % de la taille nominale du compte.
  • Cause principale d'échec : ni la stratégie ni le marché, mais la violation de la perte journalière maximale, à l'origine d'environ 71 % des échecs en première phase.
L'entonnoir, ramené à 1 000 acheteurs de challenge

C'est le calcul qu'aucune publicité ne fait.
  • 1 000 personnes paient un challenge, disons entre 100 et 500 € pièce.
  • 50 à 140 réussissent l'évaluation.
  • Environ 70 touchent au moins un paiement — soit un peu moins de la moitié de ceux qui ont pourtant réussi.
  • 930 n'ont rien reçu, et ont financé l'ensemble.
  • Le paiement type représentant 4 % du nominal, un compte de 50 000 $ verse environ 2 000 $. Ce qui est très bien pour la personne concernée, et n'a rien à voir avec la promesse de "vivre du trading" affichée dans les publicités.
C'est le point central de tout le sujet : la croissance du nombre de clients de prop firms n'est pas la croissance du nombre de traders rentables. C'est la croissance d'un marché de frais d'inscription, dont l'économie repose mathématiquement sur l'échec de la grande majorité des payeurs. Cela n'en fait pas nécessairement une escroquerie — un examen payant que peu réussissent est un modèle qui existe ailleurs — mais cela impose de lire le mot "financé" pour ce qu'il est : dans la quasi-totalité des cas, du capital simulé, pas de l'argent réel confié.

La géographie du phénomène, et ce qu'elle raconte

C'est la donnée la plus intéressante et la moins commentée. La croissance des recherches est portée par l'Indonésie (environ ×5 en un an) et l'Inde, deuxième volume mondial malgré l'un des revenus moyens les plus faibles parmi les grands marchés.

Deux lectures s'opposent, et les deux sont défendables.
  • La lecture favorable : dans les régions où l'accumulation de capital personnel est structurellement difficile, ce modèle offre un accès que l'industrie financière classique n'a jamais proposé. 500 $ contre l'accès à un compte de 50 000 $, c'est une asymétrie que rien d'autre n'offre.
  • La lecture critique : un produit dont l'économie repose sur l'échec de 93 % des acheteurs connaît sa croissance la plus forte auprès des populations les moins en mesure d'absorber la perte, et les moins protégées par un régulateur. Le prix du challenge, dérisoire pour un Européen, représente parfois plusieurs jours de revenu.
Où en est-on, en résumé
  • 2020 : phénomène confidentiel, quelques dizaines de milliers de clients dans le monde.
  • 2023 : sommet de l'expansion désordonnée, plusieurs centaines de milliers de clients par firme leader, des milliers d'opérateurs.
  • 2024 : purge brutale, 80 à 100 fermetures, effondrement de la confiance.
  • 2026 : marché plus gros qu'avant la crise, mais concentré — top 5 à 62 %, plus de 2 000 firmes dont l'immense majorité est marginale, bascule vers les futures et adossement à des structures régulées.
Le phénomène n'a donc pas reflué ; il s'est institutionnalisé. Ce qui est probablement une bonne nouvelle pour la sécurité des paiements, et ne change rien du tout à l'entonnoir : la probabilité pour un acheteur de challenge donné d'en tirer un revenu régulier n'a pas augmenté d'un pouce entre 2020 et 2026.

Deux questions pour la discussion

Ceux d'entre vous qui ont acheté des challenges : combien au total, pour quel montant cumulé, et quel a été le solde net à ce jour ? C'est le chiffre que personne ne publie, et c'est le seul qui compte.

Et une question plus large : comment expliquez-vous que le secteur ait retrouvé et dépassé son niveau d'avant la crise de 2024 alors que les taux de réussite, eux, n'ont pas bougé ? Ma réponse serait "parce que le produit vendu n'est pas la rentabilité mais l'espoir d'accès au capital", mais je suis curieux d'en lire d'autres.

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